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Edito - Quid du Top 12 ?

La réforme du Top 12. Une nécessité d’aller vite… en prenant son temps…


C’est un fait. Le top 12 doit évoluer. Changer, même. Une nouvelle formule qui mettra en valeur cette superbe vitrine du badminton tricolore, qui brille déjà au-delà de nos frontières grâce à nos jeunes artistes. Et qui, depuis quelques années, investit des acteurs – les joueurs – de plus en plus qualitatifs. Quasiment au niveau de l’Allemagne, voire du Danemark, pourtant précurseurs en la matière.


On doit donc se réinventer. Reste à savoir comment et à quel rythme. Les écueils sont nombreux – à commencer, pour être très honnête, avec les opinions divergentes des principales parties prenantes, notamment les clubs, qui, fort logiquement ne sont pas confrontés aux mêmes problématiques. Cette réforme, quelle qu’elle soit, ne fera pas que des heureux. Il y aura des compromis à faire. Des changements structurels importants, à terme, qui donneront d’autres problèmes à gérer, d’autres maux de tête. Et on connait la propension de nos chers compatriotes pour faire connaitre leur mécontentement 😊

Chambly - une équipe de stars !

Mais donc, voilà. Une journée de top 12, ça dure trop longtemps – personne ne veut rester 4 ou 5 heures dans un gymnase. Ca n’attire plus assez de spectateurs. C’est encore mal diffusé (aussi peut-être à cause de la formule). Le tout, en continuant de prendre des ressources non négligeables (faire venir les joueurs de loin, un budget toujours plus conséquent, des ressources humaines mobilisées) pour finalement, peu de retour sur investissement. Et difficilement vendable aux institutionnels, ou aux partenaires privés. Avec, encore, pour pas mal de clubs évoluant dans l’élite (top 12 ou N1), il me semble, des contrats de joueurs ou des ententes parfois un peu bancals pour ne pas dire à la limite de la légalité, ce qui pose aussi le problème éthique de la concurrence déloyale entre ceux qui suivent le règlement à la lettre et les autres. Avec, pour certains joueurs, aussi, un manque de protection sociale pourtant essentiel. La réforme doit aussi impacter cet aspect là de l’équation – il me semble en ce sens, en plus, que cela rentre complètement dans les aspirations de l’équipe dirigeante actuelle et qu’elle est une vraie responsabilité à prendre : la réforme, en soi, peut-être, doit-être une bonne excuse pour ce faire. Mais ça, ça prendra du temps parce que cela ne dépend pas que des clubs et de la Fédération. Combien de temps ? A mon avis, peut-être 5 ans. Avec une nouvelle mandature qui se profile, déjà dans un peu plus d’un an… pas facile, donc, de se projeter… Et pas facile, non plus, de mener de front les différentes conséquences d’une réforme en profondeur.

Il faut retrouver du monde dans les gymnases

Alors comment faire ? Je pense que la Fédération et la commission qui pilote cet épineux sujet ont vraiment à cœur de faire du mieux possible pour redorer l’image de ce championnat. Et tout le monde semble d’accord pour une évolution. Mais tous les clubs n’ont pas forcément donné leur avis ou essayé de débattre du comment – voire même été mis au courant, en fonction des canaux de communication employés par l’instance fédérale. Déjà, c’est un écueil : il faudrait sans doute mandater une personne bien définie par club investi (de top 12 et Nationale 1) pour être un porte-parole actif aussi dans la construction du projet. Pas seulement pour dénoncer ses manquements… Ensuite, il faut bien réfléchir à une réforme sur le long terme, et oser donner une direction à 3 ou 5 ans, pour mettre une solution en face de chaque difficulté : sur le format, certes, mais aussi sur l’accompagnement qui incombe à ce nouveau format. Avec des inconnus forts : Y aura-t-il un budget dégagé suffisant par la FFbaD, à 3 ou 5 ans, pour donner à ce top 12 sa place dans le paysage badistique ? Les clubs auront-ils les moyens de structurer leur modèle économique, pour que leurs joueurs soient protégés, contractualisés, dans les règles de la république ? Y aura-t-il une plateforme de diffusion digne de ce nom, pour que tous ces efforts ne soient pas vains, et que les gymnases soient remplis, et les audiences suffisantes sur les supports de diffusion autres ? Les joueurs seront-ils en mesure de satisfaire à la fois leurs clubs et leur fédération, avec ce qui ressemble presque, parfois, à un double projet ? Sans parler de ceux qui, en plus, travaillent ou font des études…


Ce sont des questions de fond qu’il faut se poser aujourd’hui, pour que l’investissement de chacun – de la Fédération, des Clubs, et de leurs partenaires, des joueurs – trouve un écho et un enthousiasme nécessaire à la pérennisation de ce nouveau modèle. Mais franchement, on tient une pépite. Ce Top 12 a la possibilité de devenir un vrai rendez-vous, suivi par une bonne frange des presque 200 000 licenciés. Et une vitrine nécessaire pour garder l’algorithme positif de la dernière courbe.


Et sur le format ?

Très franchement, j’ai une position assez tranchée là-dessus – qui, encore une fois, ne plaira sans doute pas à tout le monde. Mais il me semble que dans le monde du sport, il faut être disruptif. Voire subversif. Il faut oser. Le bad à cela de fantastique qu’il met en scène des femmes et des hommes, et une activité ludique. Qui touche les jeunes, les moins jeunes, et, de plus en plus, un public de personnes en situation de handicap.


Je délire peut-être complètement, mais pourquoi ne pas associer tous ces acteurs là, pour proposer une compétition de très haut niveau, mais laissant place aussi à l’original, au fun, à la découverte ?

La présentation, c'est mieux, mais on peut faire encore mieux... Mais il faudra des moyens...

Connaissez-vous la ronde italienne ?

Je me prends à rêver d’un top 12 où, par équipe, il y aurait un junior et une personne en situation de handicap en plus d’une pléiade de stars nationales et internationales ( pour le parabad, à voir les catégories représentées, qui pourraient varier d’une journée à l’autre, arriver en bonus, etc… à creuser!). Chaque catégorie jouerait chacun un nombre de points, les uns à la suite des autres, comme en escrime sur les compétitions par équipe. Avec des rebondissements possibles à tout moment, mais sur un format qui a le mérite de ne pas durer trop longtemps, d’être exaltant, facile à suivre (un seul court), tout en nécessitant une homogénéité dans chaque équipe. Et, pour l'exemple donné ici, de donner aussi une vraie visibilité au parabad et aux jeunes talents dont nous ne manquons pas en France. Et qui, en plus, pousserait les bons clubs a devenir à la fois plus formateurs, et plus ouverts sur la diversité !


Bon, il faudrait ensuite calibrer cela pour en faire des points pour le classement (pas simple avec un comptage différent), mais pour le côté original, on y est. Avant-gardiste aussi. Mais pourquoi pas ?


D’ici là et pour être peut-être plus pragmatique dans un premier temps, la formule préconisée à ce jour à 5 matchs (1SH, 1SD, 1DH, 1DD et 1 DX) me semble pertinente. Sur deux terrains pour aller plus vite, même si je reste partisan de la ronde italienne sur un seul terrain. Il y a de quoi assurer un vrai beau spectacle.


Après, il y à la question d'une seule poule, ou deux. De moins d'équipes. Peut-être. tout cela peut s'inventer au fur et à mesure du temps.


Et vous ? Qu’en pensez-vous ? Quelle formule pour le Top 12 vous paraitrait idéale ?


En tous cas, tout cela n’est pas simple. J’encourage les uns et les autres à ne pas avoir la critique facile – surtout ceux qui ne s’investissent pas par ailleurs – et à ne pas lancer votre verve sur ceux qui essayent de faire avancer les choses (surtout derrière des pseudos!). Rien n’est parfait, et il n’y a pas de solution miracle. Mais avec des énergies positives, le désir de trouver un terrain d’entente pour les clubs, même si cela ne favorise pas forcément leur propre dessein, on devrait pouvoir arriver à faire quelque chose de pas mal 😊

Allez, le débat est lancé !


Kenavo !


Raphaël Sachetat


Photos : Badmintonphoto

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