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EDITO – La France brille de mille feux

Mis à jour : mars 22



Un selfeet special Bad. Et un peu d'autosatisfecit quant au rayonnement de la France...

Cela faisait longtemps que je ne m’étais pas installé confortablement, les pieds en éventail devant ma télévision – la grande, pas l’écran d’ordi ou le smartphone – pour regarder un match de bad en entier. Et j’ai vu, j’ai vibré avec nos deux jeunes trublions, Thom et Delphine, qui, alors qu’ils affrontent les vice-champions Olympiques lors de ce quart de finale du All England, jouaient tout sourire, comme si de rien était. Ils sont passés à deux doigts d’une victoire magnifique et d’une place en demi-finale de ce tournoi mythique. Mais là n’est pas l’essentiel.


En regardant ce match, je me suis dit que, punaise, voilà une jeune paire, issue de la structure fédérale, de A à Z. Issue de clubs, puis de l’INSEP, qui arrive à rivaliser avec les meilleurs joueurs du monde. Bien sûr, c’était arrivé, par moments. Avec Hongyan, mais qui avait fait ses armes en Chine. A moindre niveau, avec Brice, qui joue indépendamment de la Fédération depuis des années, avec brio, et qui a fait pointer du doigt notre « petit » pays alors qu’il scalpait certains des meilleurs joueurs mondiaux. Avec les jeunes Popov, qui brillent de mille feux, sans être encore arrivés au niveau de jeu de notre jeune duo, mais qui, eux aussi, prouvent toute la capacité d’autres structures à fabriquer des futurs champions. Hors cadre, mais avec l’appui de l’institution. Mais Delphine et Thom, eux, arrivent là en ayant suivi la voie non pas royale, mais plus institutionnelle.


Et je me suis dis, aussi, en regardant ce match, qu’on peut être sacrément fiers. La France, nation du badminton ? Mais oui. La France du badminton brille à l’international, de mille manières et depuis pas mal de temps. Nos officiels ont sans doute été parmi les premiers à faire rayonner notre nation. Avec, aujourd’hui, Eric Lissillour, l’un des très rares juge-arbitres semi-professionnels. Gilles Cavert qui officie à la BWF pour chaperonner les arbitres, dont certains, en retraite, ont honoré la France par leurs exploits sur les chaises, comme Wolfgang Lund, un certain jour d’aout 2012. Etienne Thobois, qui, avant de devenir Monsieur JO 2024, a fait bénéficier la BWF de ses nombreuses compétences. Les internationaux de France sont aujourd’hui l’une des compétitions du World Tour les plus appréciées – le savoir-faire français est là encore reconnu parmi l’élite. Mais aussi, parmi les médias, Badzine, petit site francophone avant de devenir international, fait figure de pionnier dans le monde des médias en ligne, et cité bien souvent comme référence par les spécialistes. Ou encore l’Agence Badmintonphoto, gérée de Paris, et qui inonde le monde entier de ses images, reconnue là encore pour une expertise assez unique de ses petits « Frenchies ». Ou encore Solibad, organisation caritative d'origine tricolore et qui donne du sens au sport dans sa dimension sociétale, donnant là encore au delà de nos frontières une belle image de notre pays.


La France rayonne dans le monde du badminton. Mais avec ces deux lascars là, on arrive aussi à faire parler du savoir-faire sportif. Pas seulement du reste. Leur entraineur, Baptiste Carême se fait aujourd’hui interroger par les médias internationaux, surprend par sa vision d’un entrainement très individualisé, alors que, somme toute, selon eux, il n’était il y a pas si longtemps, qu’un joueur « moyen ». La compétence tricolore brille. Et avec elle, aujourd’hui plus encore, grâce à nos belles épopées par équipes, chez les juniors mais aussi les seniors, et, enfin, Thom et Delphine, avec la reconnaissance du terrain. Qui finit, enfin, par arriver. Pas par hasard. Par talent – car ces deux là sont quand même exceptionnels, mais aussi et surtout parce qu’ils sont – comme les frangins Popov – le fruit d’une réussite collective.


Alors, en regardant ce match, j’ai aussi pensé à ceux qui oeuvrent dans l’ombre depuis des années. Les entraineurs de clubs, tous ces bénévoles qui font du badminton tricolore un bel écrin que la planète découvre aujourd’hui. J’ai pensé aussi à ceux qui ont monté ces programmes de détection. Qui ont mouillé cul et chemise – pardonnez-moi l’expression et n'en déplaise à certains-, pour donner, entre autres, de l’éclat à nos élites. A Philippe Limouzin, qui quitte la Direction Technique Nationale après avoir tant donné, comme ses équipes, et dont le travail acharné paye enfin. A Richard Remaud, qui a placé la France sur une magnifique dynamique et dans la lumière à bien des égards. A Florent Chayet, son successeur, avec son style radicalement différent mais une véritable passion pour le sport et une certaine idée du monde associatif qui est tout à son honneur et celui de la Fédération. Je pense à Yohan Penel, notre tout jeune Président, qui reprend ce flambeau dans une période extrêmement difficile, mais qui a des valeurs qui me paraissent essentielles pour apporter au badminton une autre dimension, plus sociale et solidaire, et dont la France pourra être fière, dans quelques années, aussi, pour d’autres raisons encore. Je le rejoints d’ailleurs tout à fait dans son appel à soutenir la Fédération et ses équipes dans ce moment difficile, et à son rappel que « notre maison mère » et ses organes déconcentrées sont bien plus qu’une machine à fournir des lieux de consommation, mais symbolisent une adhésion à un paradigme, à idée commune de notre sport dans sa diversité de pratiques et les plaisirs qu’elle procure – sans parler des emplois qu’elle génère.


Tous ces élus, tous ces bénévoles, parfois avec maladresse mais toujours avec une grande passion, ont su donner un peu plus de visibilité à notre sport, pour en faire aujourd’hui une nation qui trouve sa place sur le devant de la scène. Delphine et Thom, à leur manière, sont là pour le rappeler aux yeux du monde. Et ce n’est pas fini…





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