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Edito – Dans la peau d’un vieux…

Dernière mise à jour : 17 janv.


Pas un geste qui ne fait pas mal. Les muscles, les os, bref, tout est douloureux. Bienvenue au lendemain de tournoi quand on est V4. C’est moche (ou pas) ! On a l’impression que tout se déroule au ralenti, on marche comme un pingouin, on couine de partout.

Le gymnase Lilian Thuram de Chavilly accueillait les départementaux vétérans

Cela faisait bien longtemps que je n’avais pas fait un tournoi en entier – l’an dernier, après 6 ou 7 ans de disette compétitive, j’avais osé m’inscrire sur ce même championnat départemental vétéran, et je m’étais fait une belle entorse à la cheville que j’ai trainée 6 mois – et oui, en V4 on se lie d’amitié avec ses blessures et on en profite TRES longtemps ! Au moins, ce week-end, je serai allé jusqu’au bout du week-end ! Une prouesse.

Les sympathiques bryards ont cartonné !

Bon, c’est clair, le réveil du samedi matin à 6h30 piquait un peu – surtout en se couchant à 2H du mat la veille, la faute à la seule séance d’Avatar en 3D encore dispo (mais vraiment top, foncez-y !). J’avais oublié cette ambiance feutrée des mises en place de tournois, tôt le matin, comme cela. Les super bénévoles, la tête dans le cul comme nous mais déjà la banane accrochée au visage. Et le club de Fresnes s’y connait en accueil, même si le gymnase est celui de leurs voisins de Chevilly – une salle immense avec des vrais beaux gradins. Le pointage se fait à l’aide d’un QR code – quelle belle avancée technologique, comme le fait de pouvoir suivre en direct sur son smartphone l’échéancier ! Les choses se mettent en place tranquillement, les premiers volants claquent – certains V1 et V2 y vont direct, sans trop s’échauffer. D’autres, comme moi, sans doute plus appréhensifs d’une blessure potentielle se chauffent doucement. Chaque muscle ou presque. Chaque articulation. On retrouve des joueurs qu’on a croisés il y a belle lurette – toujours sympa. Et les premiers appels au micro. J’ai beau avoir commencé le bad il y a maintenant 26 ans (et oui, ça nous rajeunit pas !), il y a toujours ce petit pic d’adrénaline lorsque l’on entend son nom. J’imagine que cela fait cela à tout le monde. Ce sentiment s’accompagne peut-être plus encore, pour les vétérans que nous sommes, d’un vrai sentiment de plaisir.

Merci à Laurent pour son fair-play !

Les matchs s’enchainent les uns à la suite des autres. Les simples le samedi, les doubles le dimanche. Mon classement a dégringolé au fur et à mesure des années à ne pas jouer en tournoi, et sied parfaitement à mon état de forme. Les quelques bons réflexes acquis il y a bien longtemps - et, pour être honnête, le fait de voir évoluer les stars très régulièrement – m’aident à me dépatouiller pas trop mal. Me voilà en finale de ma petite catégorie V4 série 2. Pas si mal pour un « ancien » qui passe au jeu libre du sympathique club de Bry sur Marne de temps à autre. On ne parle pas des douleurs qui sont maintenant bien présentes, du « gluteus maximus » aux omoplates en passant par les tendons derrière les pieds. Mon adversaire du jour est un ancien A2 parait-il. Je parle ici d’un temps que les gens de 20 ans ne peuvent pas connaitre – mais être « A », à l’époque, ça claquait ! Effectivement, le bougre a du répondant ! Une bonne heure plus tard et une bonne dizaine de faute directes au service (Rémi, va falloir faire quelque chose !), le verdict tombe : 26-28 au troisième set. C’est re-moche. En fait, très honnêtement, pas tant que cela. Déjà, parce que, en dehors des fautes, on a fait de très jolis échanges. Au ralenti, bien sûr, comparé à ce que je peux voir dans mon métier de photographe de bad. Et si parfois je faisais des coups en m’imaginant tel Lee Chong Wei ou Viktor Axelsen, cela devait sans doute plus ressembler de l’extérieur au Paresseux du film « Madagascar » 😊 Peu importe, l’un comme l’autre, nous prenions un malin plaisir à nous balader aux quatre coins du court. J’ai perdu, mais franchement, ce n’est pas très grave, car déjà, mon adversaire, Laurent Vigne pour ne pas le nommer - a très bien joué et en plus, il a fait preuve d’un fair-play au top : fait rare et remarquable, il m’a même redonné un point que l’arbitre lui avait attribué (à 15/15 dans le 3eme set !). Bravo à lui pour ce geste et sa sportivité- ça fait toute la différence ! L’essentiel était bien dans le plaisir de l’effort et le partage d’un moment de forte intensité. Je finis le match vanné, vaincu, mais bien content.



Le lendemain, rebelotte, me voici tout rouillé et pétri de courbatures, à la même heure indue, avec mon pote Tof comme partenaire. Cette fois-ci, ça passe jusqu’au bout. Du plaisir à gogo, quelques bons coups de merde, mais quelques jolies inspirations aussi, et surtout, toujours, du plaisir. De part et d’autre du filet :l’ambiance est ici bon enfant, on ne se prend pas au sérieux, on rit, on se chambre gentiment. Ca donne envie de refaire d’autres tournois – on se prend même à rêver d’avoir un jour assez de points pour aller participer à un « France des vieux ». En plus, cette année, c’est à Gien, un super club. On va y travailler 😊

La victoire est dans la poche : chic, champion du 94 des vieux en double homme avec un ami d’enfance. Y a pire pour une fin de week-end ! Et encore une fois, j’ai eu autant de plaisir à jouer les deux finales, même si la première a été perdue in-extremis – j’en garde un tout aussi bon souvenir que celle finalement remportée. Ca parait un peu fou, comme ça, mais si si, franchement. La clé est peut-être là : aller chercher le plaisir dans l’effort plus que le résultat. Ca marche pour moi, en tous cas ! A essayer.

Mon lacet Solibad porte bonheur :)

Je finis ce week-end vidé mais bien rempli. Plus d’énergie, plus de corps, mais tout plein de souvenirs et d’émotions. Avec une pensée pour Léa Palermo qui s’est encore blessée en Estonie. Une pensée aussi pour mes collègues photographes – Yves et Erika en Malaisie, Malou à St Orens, qui ont fait tourner la boutique pendant qu’égoïstement, j’avais pris mon week-end pour aller jouer. Aucune culpabilité, mais un clin d’œil à tout ce petit monde qui bossait dur ce week-end, ainsi qu’à toute la clique des parabadistes qui m’ont bien manqués.


Voilà, j’en ai fini avec ma petite histoire perso, mais je sais que nous sommes des milliers, plus très bons et un peu vieux, mais à prendre un malin plaisir à nous retrouver dans des gymnases. En espérant que ce petit édito aura raisonné pour ceux-là ! Merci au Comité 94 et au club de Fresnes pour leur super accueil et organisation, au JA qui a su être flexible pour mon maillot Solibad un chouia hors règlement (oups!), à mon partenaire de choc et à mes adversaires du week-end. Au plaisir de vous recroiser tous bientôt !


Aux autres, prenez soin de vous !


Raphael

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