OPEN DE THAÏLANDE – UNE DEMIE, UNE !

Mis à jour : janv. 16


Un coup entre les jambes qui ne fonctionnera pas, mais l'essentiel est ailleurs avec une victoire importante.

Une fois de plus, les jeunes trublions de l’équipe de France ont mis un pied de plus dans la postérité. Avec une victoire pas forcément aussi belle que l’on aurait pu l’imaginer – ou la souhaiter, mais une victoire quand même. L’efficacité aura primé sur le beau jeu, pour Thom Gicquel et Delphine Delrue, qui, à défaut de survoler le match, ont été solides et bien présents dans les moments clés d’un match assez décousu par ailleurs.


En face, les récents champions de l’Open du Danemark, les Allemands Lamsfuss et Herttrich, en confiance forcément après ce titre mérité en Super 750. Mais les tricolores avaient un avantage : ils les avaient battus lors de leur unique confrontation, en Azerbaïdjan, l’an passé. Autre temps, autre lieu, cette nouvelle rencontre s’annonçait piège, avec des repères en compétition internationale encore tendres pour les deux jeunes joueurs de l’équipe de France, qui, pour rappel, n’avaient pas pu participer à l’Open du Danemark alors que Thom Gicquel s’était blessé.


Baptiste Carême sait que les matchs contre les Allemands sont toujours compliqués... il faut "tenir"..

Qu’à cela ne tienne, les Bleus sont rentrés dans le match tambour battant, en menant au score sur la totalité du premier set. Sur le banc, Baptiste Carême, masqué, reste calme mais on sent l’entraineur des Bleus sur le qui-vive. Sur l’autre banc, c’est Marvin Seidel, le partenaire de double de Lamsfuss qui fait office de coach, alors que Cheng Wen Hsin, l’entraineur originaire de Taiwan des Allemands est elle aussi encore à l’hôpital après un test à la Covid positif l’avant-veille.


Ce fameux test aura eu des conséquences sur le tableau : les Allemands auraient dû rencontrer en huitièmes de finale une paire de Hong Kong (TDS8), qui s’est vue interdire par leur fédération d’affronter des « cas contacts » et qui avaient donc dû, fort frustrés, laisser la voie libre à Lamfsuss et Herrtrich et déclarer forfait.

Ce deuxième coup du sort privilégie donc les Bleus – qui étaient déjà dans la partie de tableau des Japonais Watanabe/Higashino avant le forfait global de l’équipe nippone. Thom et Delphine n’allaient donc pas laisser passer cette chance hors norme de devenir la première paire française qualifiée pour une demi-finale de Super 1000.


Le premier set tombe finalement dans l’escarcelle tricolore, 21-19, après qu'ils aient mené pendant l’intégralité du set et malgré des grosses fautes, au service notamment sur la fin. Le second set a une physionomie totalement différente, avec des Français qui déjouent en début de manche et laissent s’échapper les Allemands – en même temps que Delphine laisse échapper quelques jurons. 11/5 pour les joueurs d'outre-Rhin à la pause, mais les Bleus reviennent dans le match, et reprennent leurs cris de guerriers au fur et à mesure que l’écart se réduit. Les échanges ne sont pas très beaux – ni très longs, ponctués de beaucoup de fautes de part et d’autre - mais les Français en commentent un peu moins. La tendance s’inverse à 16/16 avec cette confiance tricolore qui éclate, cris aidant. Leurs adversaires, penauds, semblent abattus avant même la fin de la partie. Tout se joue dans la tête, et nos jeunes font la leçon à leurs aînés, pourtant aguerris à l’exercice. 21-18, banco. Delphine et Thom exultent. Baptiste aussi.


« On a l’habitude de jouer les uns contre les autres – on s’entraine de temps en temps ensemble, et c’est vrai qu’ils nous connaissent bien. Mais là, j’ai encore un peu de mal à réaliser ce qu’on vient de faire » explique Thom à la sortie du match.


Thom Gicquel et Delphine Delrue exultent sur le point de match

Pour Baptiste Carême, la qualité de jeu ne reflète pas tout à fait la performance de ses poulains : « la pression psychologique constante, les conditions particulièrement venteuses aujourd’hui, les connaissances de chacun des points forts des adversaires et leur style de jeu a rendu ce match pas terrible à regarder… Mais lorsque l’on regarde de plus près, il y a eu des prises d’option, des choix audacieux et des prises de risques et, au final, Thom et Delphine ont réussi à garder leur calme et ont imposé leur rythme sur la fin de match, grâce à une meilleure qualité de service et en gueulant un bon coup pour libérer la frustration des points trop courts. Avec en plus deux bons choix de coup pour Thom qui font mal à la fin. Delphine a réussi à tenir le filet sur tout le match en restant plutôt stable. C’est plus difficile pour les garçons lorsqu’il y a peu d’échanges pour trouver son rythme» reprend l'entraineur national.

Jordan Praveen et Melati Oktavianti attendent leur revanche...

Et comme par hasard, sur leur chemin, se dressent maintenant les Indonésiens Jordan/Oktaviana, que les Bleus avaient été battre dans leur jardin d’Istora Senayan, à Jakarta, il y a un an exactement. Nul doute que les Asiatiques auront fait leurs devoirs et appris de leur défaite passée. Entre temps, Thom et Delphine touchent le jackpot en terme de points – 8400 au moins, qui devraient logiquement les faire passer devant les époux Adcock au classement à la 13ème place mondiale, même si ces points ne compteront pas pour une qualification pour les Jeux, déjà quasiment acquise par ailleurs. Et comme bonus, c’est déjà la coquette somme de 14 000 US$ que les tricolores pourront se partager… encore une première pour tout badiste tricolore, même si là n’est pas l’essentiel Ils pourront doubler la mise en cas de victoire demain…


Photos (live). Raphael Sachetat / Badmintonphoto


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