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EDITO – L’histoire est en marche



Voilà. On se retrouve entre potes, pas bien réveillés, au milieu de la nuit, devant notre écran, à suivre ce satané volant. Jusqu’à ce que, sur le 21ème point du troisième set de la finale, enfin, le cœur bondisse, les larmes viennent, forcément. Surtout en attendant cette Marseillaise alors qu’un grand gaillard levait le point sur la plus haute marche du podium. C’est la première fois qu’un Français décroche une médaille d’Or en badminton sur des Jeux – Olympiques et paralympiques confondus. On l’y attendait. Et puis, il nous a fait douter sur un début de match poussif pour sa finale. Mais finalement, la délivrance, et Lucas Mazur qui finit sur ses genoux, là, devant nos yeux ébahis. Le rêve d’un gamin qui se réalise. Et puis, avec lui, le rêve de tous ceux qui l’ont accompagné, toutes ces années, en se doutant bien qu’il avait un potentiel de vainqueur.

Seulement, entre le potentiel et la réalité, il y a souvent un fossé. Que Lucas a franchi avec majesté, en ce 5 septembre 2021. Il emmène avec lui, dans la réalisation de son rêve, tous ceux qui ont cru en lui – sa famille, bien-sûr – nous avons pu voir comme Marie, sa maman était fière sur Badzine en direct après sa demi-finale. Mais aussi sa famille au sens propre plus large. Celle du badminton, toute entière. Ses entraineurs, qui le suivent au quotidien, avec, en premier lieu, Sandrine Bernard à qui il faut donner un grand coup de chapeau pour cette victoire. Mais aussi à tous ceux qui ont éclairé sa voie, depuis quelques années dans l’ombre ou la lumière – ils savent qui ils sont et Lucas aura sans doute à cœur de les remercier à son retour. Je pense à Philippe, Fabrice, Richard, Florent, Benoit, Marjorie, Loris, Bertrand, Yohan, le staff de la Fédération, les kinés et les équipes médicales, et bien d’autres encore qui se reconnaitront, qui ont vibré cette semaine avec Lucas et les autres.






La victoire de Lucas, c’est la victoire de toute une nation du badminton. Avec ses travers, avec ses doutes. Avec aussi ses champions, ceux qui, comme Lucas, finissent sur le toit du monde. Mais aussi celle de tous ceux qui ont participé aux Jeux, car Lenaig, Faustine, David, Thomas et Méril ont montré tellement de talent et de générosité et ont donné le meilleur d’eux-mêmes sur cette compétition, comme l’avaient fait Brice, Xuefei, Thom et Delphine il y a quelques semaines. La grande famille olympique et paralympique, unie, célèbre aujourd’hui une magnifique victoire. C’est aussi toute la famille du para badminton français qui jubile – celle qui s’est retrouvée à Carquefou sous la bienveillance de Philippe et Nicolas et leurs équipes, et lors des éditions précédentes. Avec cet indiscutable fraternité, cette bienveillance de tous les instants, cet humour aussi, qui se découvre et qui s’apprécie à sa juste valeur lorsque l’on sait que l’autodérision permet aussi le dépassement de soi. Et du recul par rapport à la vie, quelque eurent pu être les difficultés rencontrées.


Des leçons de vie qui se transforment aussi en leçon de sport, sur les terrains, comme l’ont démontré Lucas, mais aussi Faustine, Lenaïg, David, Thomas et Méril








Une victoire malgré la défaite


Un peu plus tard dans la matinée, Lucas revenait sur les courts, avec Faustine à ses côtés, pour aller glaner une seconde breloque dorée. La magie n’a pas eu lieu. Les tricolores, malgré un point de premier set qui aurait pu tout changer, se sont inclinés. Face à une équipe de vaillants Indonésiens. Nous avons tous eu le cœur déchiré, en France, de voir s’échapper le titre. Mais en mon for intérieur, je me disais aussi combien cette médaille d’Or pour l’Indonésie va aussi apporter de la joie et du bonheur, pour une nation qui fait face elle aussi à des conditions sanitaires très difficiles, et pour qui le badminton est l’une des seules ressources de médailles, tout sport confondu. Et puis, et puis, cette défaite sur le terrain n’est qu’une défaite d’apparat. Faustine, comme Lénaig, comme David, Thomas et Méril, ont remporté bien plus qu’une médaille. Plus qu’un titre. Ils ont remporté la reconnaissance de leurs pairs, badistes du monde entier, qui ont suivi en direct leurs exploits – pas autant que nous l’aurions souhaité, avec seulement deux terrains sur quatre diffusés, mais c’était bien déjà un bon début pour ces premiers Jeux paralympiques pour notre sport. Il faudra faire encore mieux, à Paris 2024. C’est donc une victoire pour ces 6 mousquetaires, qui auront aussi montré la solidarité qui les lie, l’amitié, l’abnégation. Ils auront montré qu’avec de l’espoir on peut bouger des montagnes. Et c’est bien là l’essentiel…


Alors je fais le pari que, dans 3 ans, ils seront encore plus nombreux à se qualifier. Non pas parce que les épreuves autoriseront plus de compétiteurs – ce que je souhaite de tout cœur – mais simplement parce que cette médaille de Lucas va sans doute générer des vocations. Et que, en trois ans, on pourra peut-être voir débarquer des jeunes prodiges du parabad tricolore pour aller porter plus haut encore les couleurs de la France.


A titre personnel, je voulais aussi dire un grand merci à tous les 6 et les équipes sur place pour nous avoir fait vibrer, vivre des grands moments d’émotion comme seul le sport sait le faire. Notamment à Faustine, Lénaïg, David et Lucas, qui nous font l’amitié, depuis de nombreuses années, d’être des porte-drapeaux de Solibad, aussi (comme le montre cette vidéo de Lucas alors qu’il expliquait pourquoi il rejoignait cette grande famille). Les valeurs qu’ils ont montrées, depuis plusieurs mois, prouvent que leur grand cœur et leur générosité est à la hauteur de leur talent.


Merci aussi à « Guichou », avec qui nous avons eu le plaisir de commenter en direct sur des « Badzine Live » improbables les matchs des Bleus, Steve, et Ceylian qui nous ont accompagné dans cette péripétie nocturne, pour partager avec vous, chers lecteurs, ces beaux instants. Et bien sûr à Marie Mazur, Francoise Crespel et Pascal Noël, qui ont bien voulu répondre à notre invitation de partager leurs émotion dès la fin de la démi-finale.


Une page s’est écrite. Il faut maintenant écrire la suite. La voie est tracée. La France du badminton avait déjà des titres européens, et mondiaux. Elle a maintenant des médailles olympiques. L’histoire est en marche.


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Merci aussi à Craig Burgess et à Alan Spink qui nous ont autorisé gratuitement à publier leurs magnifiques images tout au long de cette semaine. Les athlètes et leurs familles peuvent d’ailleurs aller sur leur site pour acquérir ces photos : www.parabadmintonphoto.com


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