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ÉDITO – Un peu plus près des étoiles…

il y a 2 heures
6 min de lecture

Il a touché les étoiles, Christo, ce week-end...
Il a touché les étoiles, Christo, ce week-end...

Un jour à marquer d’un volant blanc. Un autre. Après le 25 août 2026, ce dimanche 25 octobre restera à jamais gravé dans l’histoire du badminton tricolore. Christo a offert à la France un titre historique aux Yonex Internationaux de France - le premier de l'ère des Super Series/World Tour. Ce faisant, il s’assure la première place mondiale. Du jamais vu.

Quelle chance de vivre cela. Le sport et ses émotions incroyables. De partager ce moment à quelques mètres de Toma, le papa, et d’Antho, le coach, juste derrière Christo, lorsqu’il a laissé tomber sa raquette après un match titanesque et que l’histoire s’est écrite en grand sur ce joli court vert de l’Arena Grand Paris. Devant une salle comble, des milliers de fans exultaient, partageant cet instant exceptionnel. Quelques minutes plus tard, il se retrouvait sur le podium, tout sourire, avec sa simplicité légendaire.

Point de match. Il n'y croit pas. Christo devient à cet instant précis  #1 mondial
Point de match. Il n'y croit pas. Christo devient à cet instant précis #1 mondial

Difficile pour moi de prendre des photos : les larmes coulaient toutes seules sur mes joues. Peut-être parce que j’ai ressenti une immense communion, une joie débordante, de la fierté à voir tout le bonheur que ce « petit gars du Sud » et son équipe donnaient aux gens, à tous ceux qui œuvrent depuis des années, des décennies pour vivre cela, un jour. Bien sûr que ce jour magique n’éclipsera jamais l’autre moment « Delhi-cieux », où Delphine, Thom et Alex ont fait entrer notre nation par la grande porte dans l’histoire du sport avec ces deux titres mondiaux glanés en terre d’Inde. Mais ce moment-là avait été vécu à distance par beaucoup d’entre nous. Hier, à Tremblay – une ville de la région parisienne qui a bien porté son nom pendant les 61 minutes de cette finale pleine de suspense –, la fête fut complète. Parce qu’elle réunissait ces fans enthousiastes, les bénévoles des IFB, le staff de la fédé et les partenaires, tous les yeux pétillants d’admiration et de fierté. Là, tout près de l’action.

Rien de tel qu'un bisou maternel sur un podium !
Rien de tel qu'un bisou maternel sur un podium !

Étienne Thobois, toujours aussi charismatique, remettait les trophées, très ému. Tout comme notre président Franck Laurent, dont la généreuse accolade de 17 minutes aura battu un record de longévité ! Une étreinte pleine de cette gratitude simple et spontanée que nous ressentions tous. Et Christo d’appeler toute sa famille sur le podium – brillante entorse au protocole par ailleurs bien léché. Car oui, cette victoire est avant tout celle d’une équipe. Les frangins le rappellent en permanence. Cette famille Popov qui apporte tant au badminton français. Une famille au sens large, aux si belles valeurs, riche de cette double culture. Des battants, sur le court, qui ne lâchent rien, des tigres. Et en dehors, des gamins au cœur en or, d’une courtoisie exemplaire, avec du respect et du savoir-être.

Nous avons une chance inouïe d’avoir, dans notre sport, de tels Champions. Avec un C majuscule. Pour leur talent, bien sûr, pour leur travail et leur courage aussi – car le talent, seul, ne suffit pas. Ils sont tous des bêtes de travail. Christo, Tomi, qui méritent tout autant la lumière que les « autres » frangins du tennis de table. Tomi avec son élégance de tous les instants, ce rôle de "grand frère" de toute une nation, de capitaine de navire, solide et vaillant. Autour d'eux, une génération d'exception à plus d'un titre. Alex, ce joyeux drille au corps d’Hercule, à la belle âme, d’une grande simplicité et d’une vraie gentillesse. Un talent immense, et un titre de champion du monde qui n’a rien changé à son humilité ni à son désir d’aller plus loin encore. Il a tout donné cette semaine et s’est incliné avec les honneurs en demi-finale face à un jeune Indonésien dont il faut retenir le nom, Mohammad Zaki UBAIDILLAH, dit « Zack ».

Alex Lanier aura, lui aussi, brillé de mille feux
Alex Lanier aura, lui aussi, brillé de mille feux

Thom et Delphine, pour qui cette fin de demi-finale fut tellement frustrante, avec ce point de pénalité à 19-19 dans le troisième set. Mais encore une fois, une règle est une règle, même si on peut toujours discuter de son application et de cet « esprit de la règle » qui semblait manquer ici. Après quelques secondes d’un agacement ou d'une tristesse bien compréhensibles, nos deux athlètes ont démontré toute leur intelligence. Malgré cette défaite sur le fil, aux portes de leur première finale aux IFB, ils ont très vite pris du recul. Et du temps – beaucoup – pour remercier leur public, signer des autographes, faire des selfies avec les gamins, avant de rappeler en zone mixte à la presse que c’était le jeu. Qu’ils avaient bénéficié, il y a quelques mois, de cette même règle des 25 secondes : leurs adversaires malaisiens avaient alors écopé d’un point de pénalité dans des circonstances tout aussi cruciales.

Thom, avec sa vision incroyable, sa réserve et sa grande intelligence humaine. Delphine, avec sa spontanéité, son immense cœur et sa joie de vivre qui transpire sur le court, sans parler de sa présence au filet, phénoménale. Tous deux ont une nouvelle fois donné du baume au cœur à toute une génération de jeunes badistes, qui les prennent, à raison, pour modèles.

Thom et Delphine, la classe dans la défaite. Chapeau.
Thom et Delphine, la classe dans la défaite. Chapeau.

On peut être fiers de nos Champions, et de tous ceux qui portent si haut nos couleurs : Anya, Lucas, Maël, Arnaud, Léa, Julien, William et les autres. Qui, bien au-delà de leurs qualités d’athlètes, de leur travail et de leur talent, sont des belles personnes.

Alors voilà, il y aura sans doute un avant et un « après » 25 octobre. Le 25, un nombre qui semble me porter bonheur : mon « demi-anniversaire », la date de naissance de ma grand-mère Denise, si chère à mon cœur, qui aurait eu 96 ans ce jour-là. Elle ne connaissait pas grand-chose au badminton, mais lisait toujours les articles sur ce sport dans Ouest-France, dans son petit village d’adoption de Sainte-Marine.

25 octobre, donc. Une date à marquer d’un bouchon de liège et de 16 plumes blanches.

Une semaine qui s’achève avec des souvenirs qui chatouilleront longtemps les méninges de tous ceux qui ont participé à cette belle fête, conclue dans une fanfare d’émotions. Merci à tous ces petits et grands chaperons roses, bénévoles sans qui cette formidable machine ne pourrait tourner, sous la direction bienveillante de Louis, de Clément et de leurs équipes. Merci aussi à toute l’équipe de la comm’, qui nous a reçus aux petits oignons, comme toujours, tout en travaillant d’arrache-pied pour donner à notre joli sport la visibilité qu’il mérite.

Une mention particulière à mes ouailles solibadiennes, ces bénévoles au grand cœur qui ne comptent pas leur temps pour venir aider, pour changer des vies, aussi. Nous avons fait une belle semaine de ventes, avec Marie comme cheffe d’orchestre de choc et nos nombreux bénévoles – dont Soa, qui finissait hier son service civique, bientôt remplacée par Yanis. Lui assistait à son premier match de haut niveau : il a été servi, ce week-end ! Un immense merci aussi à Catherine, Patrick, Antoine et aux équipes de BDE/Yonex France (qui auront mis les petits plats dans les grands lors de cette "derniere danse") pour leur générosité envers notre association. Et puis, il y a eu aussi le passage à Paris des "Legends". Carolina Marin Taufik Hidayat, Lee Yong Dae, Peter Gade et Lin Dan. Que j'ai eu tellement plaisir à retrouver pour échanger quelques instants - ils me manquent ces bougres. Et de voir le plaisir qu'ils ont encore, quelques années après leur retraite, à faire briller notre sport. Le Club de St Maur a eu l'honneur de les recevoir pour une matinée magique où les jeunes ont pu échanger avec eu - au sens propre, comme au figuré. Une autre belle histoire pour tous ces gamins qui ont entendu de la bouche de leurs idoles qu'il peuvent rêver en grand. Et la classe quand même de les faire poser devant la bannière de Solibad, dont certains ont été ou sont encore ambassadeurs (Taufik, Caro, Peter et Yong Dae), comme le sont aujourd'hui Tomi, Alex et Christo ! D'ailleurs, si vous voulez adhérer, c'est facile et ca fait une vraie différence - pour l'equivalent d'"un café par mois (1,70€ après défiscalisation), vous pouvez changer des vies aussi !

Une belle brochette de stars pour promouvoir les actions de Solibad !
Une belle brochette de stars pour promouvoir les actions de Solibad !

Lundi matin. On se réveille, un peu groggys mais avec la banane, après un week-end magique, que vous avez été nombreux, chers lecteurs, à suivre avec nous. Merci à Lucas pour ses magnifiques images et à Tarek pour les nombreux articles et interviews sur Badzine. 


On se demande encore si c’est vraiment vrai. Un Français vainqueur des IFB ? Oui, c’est vrai. Un Français numéro 1 mondial. Oui, c’est vrai. Il s’appelle Christo.

Et il nous a fait un très, très joli cadeau. Photos : Lucas Noyon / Raphael Sachetat pour Badmintonphoto Vincent Nicli (Solibad)

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