THOMAS CUP – Les Français éliminent les Indonésiens !
- il y a 3 minutes
- 4 min de lecture

Incroyable. Difficilement imaginable, en fait. Que les Français soient champions d'Europe par équipe, passe encore. Mais là… aller battre l'une des équipes les plus fortes au monde, 4-1, pour décrocher une qualification pour les quarts de finale d'un championnat du monde, c'est immense.
On dit des champions que ce sont ceux qui savent se relever d'un coup dur. Après le coup derrière la tête pris en début de semaine avec une défaite amère face aux Thaïlandais, qui condamnait les tricolores à l'exploit, on se disait que, finalement, nous nous étions peut-être un peu emballés en imaginant une médaille.
Eh bien non. Ils sont là, nos Bleus. Fiers, beaux, vociférant leur enthousiasme pendant les 6 heures qu'aura duré cette rencontre improbable. Ils ont mis le feu à eux seuls dans ce petit stade de cette petite ville de l'île de Jutland, que les spectateurs avaient déserté sitôt leur équipe nationale qualifiée, bien avant la fin du match entre la France et l'Indonésie.
Un à un, nos Bleus sont allés chercher l'exploit. Des exploits individuels qui n'étaient en fait qu'un seul et unique exploit collectif. Car pour chacun des matchs, ils étaient tous ensemble : celui sur le terrain, avec tous ceux dans les tribunes, derrière.

Christo face à Christie. Un match superbe d'intensité, de variations, de justesse stratégique pour le tricolore, face à un joueur d'un talent indéniable qui revient très fort dans sa carrière, aujourd'hui 5ᵉ mondial. Le tricolore est ultra-concentré, applique la tactique à la lettre, attendant le bon moment pour finir les points. La bataille est rude, mais il finit par l'emporter 21-19 au premier set, avant de faire un one-man-show au second, 21-14. La France est sur les rails.
Alex Lanier doit rattraper son départ poussif dans la compétition – il avait été surpris par le Thaïlandais Teeraratsakul. En face de lui, cette fois, une vieille connaissance : Alwi Fahran, qui l'avait battu lors des championnats du monde juniors par équipe, en 2023. Deux des pépites de la génération 2006. Cette fois-ci, Alex est le patron. Ça passe, limite, mais ça passe. 21-19, 21-16. Il se retourne, exulte devant ses compatriotes surmotivés. Quelque chose est en train de se passer.

Toma Popov arrive sur le court 1 avec, sans doute, son match d'anthologie face à Ginting à Paris, il y a bientôt deux ans. Mais aussi celui qu'il avait remporté l'an dernier aux championnats du monde, 25-23 au dernier set. Il avait crucifié le héros indonésien, alors en quête d'un titre olympique, puis mondial. Depuis, une longue blessure avait tenu l'Indonésien loin des courts et du classement mondial, avec un 47ᵉ rang indigne de son talent, mais qui le plaçait, du coup, en position de joker de luxe en simple hommes numéro 3. Et encore une fois, le tricolore va faire vivre un cauchemar à la star indonésienne, en sauvant une balle de match et l'emportant 22-20 au terme d'un match marathon, irrespirable, magique. La France s'offre le 3-0 tant espéré.

Le compte n'y était pas encore. Deux doubles à venir, avec des adversaires dans le top 10, alors que nos tricolores sont bien plus loin au classement et moins aguerris à ce genre d'épopée. Sauf que les garçons poussent fort depuis le banc. Léo et Eloi font leur entrée dans ce stade qui avait vu leur plus beau tournoi jusque-là, l'an dernier – ils y avaient battu les Danois pour aller chercher une médaille d'argent européenne. Et ils vont faire le show, les équilibristes, smashant à tout va, vifs, précis, ils sont partout. En face, les Indonésiens Isfahani et Gutama ont la tête dans les épaules, sous une pression incroyable : ils doivent absolument l'emporter. Sinon, c'est l'élimination et le deuil national pour une équipe qui a remporté 14 fois l'épreuve et qui est venue à Horsens pour un 15ᵉ sacre. La pression est trop forte, et les Français sont survoltés, jouent à fond les points importants. Le dernier est un service que Léo laisse tomber juste avant la ligne. La France est délivrée. Libérée. Léo fait son haka tandis que les autres tricolores hésitent à bondir sur le court alors qu'il reste un match, mais finalement la joie est trop forte et ils déboulent sur le terrain.

Christo et Tomi reviendront sur ce même court et livrent un match très solide, allant même jusqu'à prendre un set aux numéros 2 mondiaux. Ils perdent le match, mais l'essentiel est assuré : la France est qualifiée, l'Indonésie est sortie.
C'était inimaginable. Et pourtant, une fois de plus, la cohésion d'équipe, les talents individuels et l'envie étaient là. Sans oublier les entraineurs, kinés, l'entourage qui a fait beaucoup, aussi, pour remettre cette équipe de fous furieux en piste après un départ catastrophique.
L'aventure continue – on se prend à rêver encore plus haut, plus loin. Car aujourd'hui, toutes les autres équipes peuvent être battues par ces incroyables tricolores. Demain, jeudi à 10h30, ils sauront lequel de la Chine, du Japon ou du vainqueur du match entre le Danemark et Taïwan de ce soir sera leur prochain adversaire.
L'histoire est en marche.
Christo Popov (n°4) bat Jonatan Christie (n°5) : 21-19, 21-14
Alex Lanier (n°10) bat Alwi Fahran (n°14) : 21-16, 21-19
Toma Popov (n°17) bat Antony Ginting (n°47) : 20-22, 21-15, 22-20
Adam/Rossi (n°52) battent Gutama/Isfahani (n°9) : 21-19, 21-19
Popov/Popov (n°21) battus par Alfian/Fikri (n°5) : 18-21, 21-19, 11-21
Photos (live) : Badmintonphoto Un peu d'histoire - La France réitère ses exploits de 2014 et 2018 en atteignant le top 8 mondial avec cette qualification en 2026. Cela signifie que les Bleus se sont qualifiés pour les quarts de finale de la Thomas Cup trois fois : en 2014, en 2018, et maintenant en 2026.

C'est donc une performance rare mais pas inédite, même si le contexte de 2026 est particulièrement remarquable puisque les Français arrivent en tant que champions d'Europe en titre et ont éliminé l'Indonésie, nation la plus titrée de l'histoire et tête de série numéro 2








Commentaires