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TOKYO 2020 - De réfugié à olympien, le rêve d'Aram Mahmoud

Dernière mise à jour : juil. 27

Il a fui la guerre civile en Syrie avec un seul objectif : jouer au badminton. Sélectionné dans l'équipe olympique des réfugiés, Aram Mahmoud voit à Tokyo son rêve devenir réalité. Inimaginable il y a quelques années.

Né en Syrie, Aram Mahmoud est le premier joueur de badminton réfugié à disputer les Jeux olympiques

Il a fêté ses 24 ans le 15 juillet, quelques jours à peine avant de s'envoler pour le Japon. Quatre jours plus tard, d'après sa publication sur les réseaux sociaux, Aram Mahmoud découvrait le Musashino Forest Sport Plaza de Tokyo, et foulait pour la première fois le terrain central tagué du logo des Jeux. Photo devant les anneaux olympiques, tour du stade lors de la cérémonie d'ouverture, « des sensations incroyables » pour le jeune badiste qui, il y a six ans seulement, est contraint d'interrompre ses études et ses entraînements à cause de la guerre civile qui perdure alors depuis 2011 en Syrie, son pays natal. Il évoluait à l'époque depuis deux petites années sur la scène junior internationale.


Premier réfugié à disputer le tournoi de badminton olympique


Face à ces événements tragiques, et freiné par le manque d'opportunités pour les jeunes en Syrie, Aram Mahmoud quitte son pays en 2015 pour les Pays-Bas où il s'installe à Almere - et obtient plus tard la nationalité néerlandaise. Pour reprendre un train de vie normal et surtout la pratique du badminton. Une passion née dès son plus jeune âge quand il échangeait ses premiers volants avec sa soeur aînée Sanaa. En 2015, cette dernière représente la Syrie aux championnats d'Asie, en Chine. Ce n'est d'ailleurs qu'en 2018, quatre ans après sa dernière apparition sur le circuit mondial et trois ans après avoir quitté ses terres, qu'Aram Mahmoud retrouve la compétition de haut niveau.


Aujourd'hui 172e au classement mondial, il a tout fait pour vivre son rêve olympique. Des sacrifices en quittant son pays et sa famille. Et des choix : s'installer aux Pays-Bas et récemment venir s'entraîner au Centre d'Excellence de Badminton Europe à Holbaek au Danemark. Et la consécration de tous ces efforts a bien eu lieu il y a quelques semaines, lorsqu'il apprend sa sélection au sein de l'équipe olympique des réfugiés - composée d'une trentaine d'athlètes - en vue des Jeux de Tokyo. Il devient alors le premier badiste réfugié à disputer les JO.


« Il faut travailler dur pour accomplir ses rêves »


Sur le terrain, le natif de Damas avoue avoir ressenti un peu de pression, notamment lors de sa confrontation face à l'Indonésien Jonatan Christie, n°7 mondial : « J'étais nerveux dans le premier set d'être face à un joueur d'un tel niveau. Dans le deuxième, j'étais plus à l'aise, et plusieurs attaques sont passées. Je n'ai rien à perdre ici ! C'était génial de pouvoir l'accrocher sur quelques points, même s'il est bien meilleur que moi », a-t-il déclaré à la presse.


Sa victoire ne s'est pas décidée à l'issue d'un match. Mais plutôt d'un combat mené depuis de nombreuses années, d'une adolescence marquée par la guerre, à la quête hors du commun et sans relâche d'une qualification olympique inédite.


Aujourd'hui, ses deux matchs à Tokyo - face à l'Indonésien puis face à Loh Kean Yew (SGP) - sont anecdotiques, du bonus, une récompense, l'expérience d'une vie. Sa participation aux Jeux de Tokyo, voilà sa réelle victoire. Et celle-ci se termine par un message d'espoir et de motivation aux réfugiés :


« Nous ne sommes pas seulement des personnes qui ont quitté leur pays. Nous pouvons accomplir bien des choses. Il faut travailler dur et nos rêves peuvent se réaliser. » D'ailleurs, le rêve d'Aram Mahmoud ne s'arrête pas à Tokyo. Désormais, il pense à la prochaine saison et à ses objectifs sportifs : entrer dans le top 100 mondial et pourquoi pas se qualifier pour les Jeux de Paris en 2024 !



Photos : Badmintonphoto (live)

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