Journal d’une bénévole au cœur du All England


Margot Charbonnel fait partie de la nouvelle équipe de rédacteurs de Badzine. Mais elle a auparavant été bénévole sur plusieurs compétitions internationales, dont le célèbre All England, dernier tournoi disputé avant la fermeture du circuit pour près de 6 mois. Elle revient pour Badzine sur cette expérience hors norme et sur son parcours pour arriver jusque-là.

«  Vivre un tournoi du « World Tour » en tant que spectateur est une expérience inédite mais elle l’est plus encore en tant que bénévole. C’est intense ! D’autant plus pendant la crise sanitaire que nous connaissons actuellement… »



Bénévoles, clés de voûte des grands tournois…

Badiste et passionnée de sport, je suivais régulièrement les tournois - notamment comme spectatrice à plusieurs reprises lors des Internationaux de France à Paris ; j’étais impressionnée par le badminton, sa vitesse et son intensité. En 2017, j’ai découvert que les IFB fonctionnent principalement sur la base du volontariat : la grande majorité du staff se compose de bénévoles, qui revient, chaque année. Je décidai alors de postuler pour intégrer l’équipe « communication » en mettant en avant mon goût pour l’écriture et mes connaissances du badminton. Cinq mois plus tard, je participai à mon premier tournoi en tant que bénévole. L’aventure se répétera sur 3 éditions consécutives. Chargée de la rédaction des articles en anglais, j’ai eu la chance d’interviewer des joueurs et de contribuer ainsi à la réussite du tournoi. On le sait, les bénévoles sont extrêmement importants sur les événements sportifs. Leur encadrement est essentiel pour garantir un environnement de travail sain et agréable pour ceux qui prennent de leur temps pour contribuer au bon déroulement des événements. Chaque année pendant les IFB, le tournoi des bénévoles rassemble l'ensemble d'entre nous autour d'une soirée sportive... sur les terrains centraux!






En 2019, je me suis renseignée pour les Championnats du monde qui devaient se jouer à Bâle. Ce n’est pas tous les ans que cet événement est organisé en Europe ! J’ai alors appris que ma candidature était retenue sous réserve que je prenne part à l’Open de Suisse. L’idée était simple : créer une équipe qui soit effective et opérationnelle pour les mondiaux. En mars, me voilà donc bénévole pour la Fédération Suisse sur un Super 300. Chargée de rédiger des articles pour la version anglaise du site, j’ai pu découvrir cette salle immense qui allait accueillir les championnats du monde quelques mois plus tard - St Jakobshalle, qui accueille chaque année également le « Swiss Indoors » de tennis, particulièrement apprécié par un certain Roger Federer.





Kento Momota répond à la presse japonaise en zone mixte

Les championnats du monde étaient un événement particulier par rapport à ce que j’ai pu voir jusqu’alors : contrairement aux tournois qui sont organisés chaque année à la même date, ils se tiennent chaque année dans une ville différente. Ainsi, la mise en place représente un vrai « challenge » pour la Fédération Internationale (BWF). Cette année comportait un défi supplémentaire : pour la première fois, la compétition de para-badminton avait lieu en même temps, dans la même structure.


A Bâle, j’ai eu un rôle différent. J’ai été affectée à la zone mixte - cet espace par lequel passent les joueurs une fois leur match terminé. Les journalistes sont positionnés par ordre de priorité : D’abord, les « Rights Holders » : les équipes TV de la BWF bien sûr mais aussi toutes les chaines ayant achetées les droits exclusifs de diffusion sur leur territoire. Ils ont donc logiquement aussi priorité pour poser leurs questions en premier. Viennent ensuite les médias audiovisuels non diffuseurs appelés « Non Right Holders ». En toute fin, se trouve la presse écrite. En tant que membre de l’équipe chargée de la zone mixte, il s’agissait de s’assurer du bon déroulement des interviews ainsi que de fluidifier la relation entre joueurs et journalistes. C’est là que l’on m’a proposé de participer au All England - le plus ancien et prestigieux tournoi du World Tour.

Le Yonex All England passe à travers les gouttes

C’est dans un contexte inédit que certaines fédérations européennes ont été contraintes d’annuler leur tournoi. Le Yonex German Open ainsi et le Swiss Open, si précieux pour les points en période olympique, ont été annulés en raison de la situation sanitaire en Europe. Le All England, Super 1000, en plein milieu des deux, semblait quant à lui être maintenu, malgré les réticences de certains joueurs sur les réseaux sociaux.



Une fois arrivée à Birmingham, je découvre la « Birmingham Arena » et son atmosphère si particulière. C’est bien la première fois que je reçois du gel hydroalcoolique dans ma dotation de bénévole ! Des règles très strictes nous ont été transmises afin d’éviter le moindre problème.

Les joueurs semblaient ravis d’être présents mais montraient parfois des réticences – notamment lorsqu’il s’agissait de répondre aux questions des journalistes en zone mixte. Lin Dan ou encore Tai Tzu Ying ont refusé de s’y présenter après leurs matchs. La grande majorité d’entre eux ne se serrait pas la main à la fin de leur match mais ne manquait pour autant de montrer leur respect pour leurs adversaires.

Le tournoi s’est déroulé presque normalement. Pour autant, une tension était palpable toute au long de la semaine. La salle se remplissait davantage après chaque tour, jusqu’en finale.

On le savait tous : si un spectateur présentait des symptômes évidents du COVID, le tournoi devrait immédiatement être suspendu. C’est d’ailleurs le jour de la finale que la BWF fit une déclaration annonçant la suspension du World Tour jusqu’à nouvel ordre.





Après plusieurs semaines de confinement, le monde commence peu à peu à revenir à la normale… Ou presque. Les joueurs reprennent le chemin des courts, en sachant que leurs échéances sont encore loin. La BWF a récemment annoncé le nouveau calendrier du World Tour. Celui-ci reprendra ainsi avec le Yonex Taipei Open début septembre. Aussi bien les joueurs que les fans devront se montrer patients. Il faudra aussi que ces tournois retrouvent aussi leurs bénévoles…

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