EDITO - On aurait dû être à Coubertin...



Saloperie de Covid... Une grosse rature sur mon agenda - et oui, je suis de la vieille école qui note encore au crayon sur papier daté. IFB sont bien rayés de la carte cette semaine. Et donc, cette année.. Nous aurions dû, nous autres afficionados de cette compétition hors norme, pointer nos bouts de nez enfarinés, à peine réveillés, en ce mercredi matin des vacances de la toussaint. C'était devenu une habitude. Si bien, peut-être, qu'on ne mesurait plus notre chance, depuis quelques années, de n'avoir qu'à prendre le métro ou la bagnole pour voir toute la planète badminton débarquer dans notre jardin de Coubertin. Nous réchauffer d'un petit thé ou café dans la salle de la badminton expérience, toujours si froide mais aussi chaleureuse par ses retrouvailles quotidiennes d'une semaine seulement. Entendre les premiers volants et leur magnifique écho dans cette salle, volée au Hand des Qataris pour l'occasion. Voir que, même si tôt, les premiers fans sont là, le billet à la main, à faire la queue dans le froid automnale pour venir voir les stars - ou les copains-, venir en découdre.


Même les joueurs, la semaine dernière au Danemark, avaient souvent un gentil mot pour moi, en disant qu'ils étaient déçus de ne pouvoir venir en France, à Paris. Car eux, comme tous ceux qui gravitent dans la planète badminton, aiment ce tournoi. Une institution. Presque un Roland Garros du bad, même si le statut de Super 750 ne lui confère pas tout à fait celui de "Grand Chelem", réservé logiquement et traditionnellement au All England, à la Chine et a l'Indonésie. Dans le coeur des participants, il fait parti des tournois préférés, c'est sûr. Au détour d'une conversation avec l'un des officiels de la Fédération Internationale, aussi, j'entends comme le tournoi est apprécié aussi pour son professionnalisme. Son "savoir-faire". Et c'est vrai que Coubertin est devenu un fief du badminton international. Et que, à part des pissotières d'un autre âge aux odeurs toujours douteuses, on regrette presque tout de l'ambiance, de l'endroit, des sourires que l'on croise, comme tous ces visages familiers, que l'on ne voit finalement qu'une fois par an. Je me demande ce qu'une version "masquée" eut donné. Plus de bises dans les couloirs, plus de serrage de main. C'eût été tristounet, mais sans doute mieux que rien. Car, forcément, cette semaine, on se sent un peu cons, au bureau derrière notre ordi, après avoir passé une nuit presque normale, sans cernes ni mille choses qui nous trottent dans la tête pour tout ce que nous avions l'habitude de faire pendant ces quelques jours.


Alors on se dit que, finalement, ca va passer vite, et que, en Octobre 2021, cette foutue maladie sera derrière nous, avec un vaccin ou des traitements qui permettront aux grands-rendez-vous de se tenir, presque comme d'habitude. Et que, c'est sûr, on appréciera à sa juste mesure la chance qui nous est donnée d'accueillir le gratin chez nous, dans ce chaudron de la porte de St Cloud. Entre temps, il y aura eu les Jeux Olympiques. Avec, comme souvent, son lot de départs en retraite. Son lot d'arrivées, de nouveaux venus sur le circuit. Avec, donc, de belles découvertes sportives à venir. Entre temps, il y aura eu aussi la vie qui va continuer, pour les clubs, avec, on l'espère, une reprise des activités sportives. Parce que, non seulement on nous prive de spectacle, mais aussi de la pratique ! On espère que vite, vite, cette mauvaise passe sera du passé. Pour conjurer le sort, je m'en vais essayer de m'inscrire au tournoi de St Maur, le 12 décembre prochain, tiens, c'est décidé. Mon premier depuis... 2011 je crois. Histoire de me projeter un peu pour la suite, vu que, forcément, à part un petit coup de compétition à suivre à Saarebrucken début novembre, il faudra encore attendre jusqu'en janvier pour un semblant de reprise, à Bangkok, avec trois gros tournois prévus. Mais bon, quand même, Coubertin me manque aujourd'hui. Pas vous ?


Raphaël Sachetat

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