Edito... Le temps de la réconciliation...


Le temps des élections est révolu. Le temps de la réconciliation est venu. La démocratie s’est exprimée, et je souhaite à Yohan Penel, le nouveau Président, et ses colistiers, beaucoup de courage - et de bonheur - dans cette lourde tâche qui leur incombe. Du courage, il va en falloir, dans cette période extrêmement compliquée.


A lui, comme à ceux qui ont été ses « concurrents candidats » et à leurs colistiers, je souhaite aussi de tout cœur que les tensions retombent, que les amitiés renaissent. Que cette campagne, relativement dure dans les choses qui ont été dites ou exprimées implicitement, soit vite oubliée. Parce que l’essentiel est maintenant devant nous, avec un besoin de forces vives, d’opinions diverses et constructives et de tous les talents, aussi, qui jalonnaient les listes battues.


Durant cette campagne, les trois listes ont fait un travail remarquable de mise en perspective de notre sport, avec des ressources de grande qualité, des gens investis localement et nationalement, qui pourront, j’en suis sûr, continuer d’apporter leur pierre à l’édifice, qu’il faut absolument empêcher de s’écrouler – car l’heure n’est plus aux disputes mais bien à la mobilisation pour que l’effondrement du nombre des licences et son manque à gagner n’aient pas d’incidence sur le long terme.


Il est temps aussi de laisser de côté les amertumes, les frustrations, et remettre notre amour du sport au cœur de nos aspirations. La crise sanitaire et le confinement ont déjà suffisamment plombé le chemin des nouveaux élus. Il nous faut maintenant rester soudés. L’heure est au pardon quant aux attaques personnelles où aux débordements souvent inhérents à ce que la politique possède de pire – la communication par voie de presse ou des réseaux sociaux, et qui, souvent, dépassent les pensées. Il est temps de reprendre les chemins des amitiés que certains se portaient, au delà des appartenances à une liste ou une autre, et qui ont été mises à mal pendant la campagne. Je sais Yohan et son équipe suffisamment ouverts et humains pour retrouver l’esprit de conciliation et d’écoute envers ceux qui, sous une étiquette différente, ont exprimé durant ces derniers mois également des idées dans lesquelles le badminton pourra puiser pour renaître.


Mes pensées vont bien sûr à ceux qui se sont investis dans cette campagne tambour-battant et qui sont aujourd’hui forcément déçus. Nul doute qu’ils sauront rebondir – leur créativité et leur abnégation, pour la plupart, leur permettra de continuer à faire avancer le sport dans les territoires, voire de continuer à alimenter les débats pour être force de proposition constructive pour la nouvelle équipe.


Je pense aussi à ceux qui laissent les rênes de cette Fédération. Pour beaucoup, ils ont mouillé la chemise. Ils se sont investis, au-delà de ce que l’on peut imaginer lorsqu’on ne connait pas la réalité du terrain et le quotidien d’une telle machine. Au-delà de toute considération sur des compétences, que l’on laissera aux éternels juges derrière leurs ordinateurs (si si, les fameux « ya ka faut qu’on »), je salue ici leur engagement au service du sport, de leurs concitoyens. Ils ont mis à la disposition du badminton, avec leurs moyens, du temps. Ce temps dont nous manquons tous. Ce temps qui est la véritable richesse de la vie. Pour cela, ils méritent un vrai coup de chapeau et des remerciements. Ils se sont engagés, ont tenu la baraque, pendant une, deux, trois, voire quatre mandats pour certain(e)s. En sacrifiant au passage de leur temps personnel, des moments en famille. Et, qui, croyez-moi, ont fait de leur mieux en leur âme et conscience, même si d’aucuns critiquent vertement les actions menées sur cette dernière mandature. Le bilan, sans doute critiquable sur certains aspects, n’en est pas moins respectable pour l’évolution qu’il a proposé dans certains autres domaines. A titre personnel, j'ai apprécié la dimension humaine et l'esprit associatif apportés par Florent Chayet, malgré les conditions hors norme de son election, quoi qu'on en dise. Sans doute, comme pour son prédécesseur Richard Remaud à qui je pense aussi aujourd'hui, qu'il faudra un peu de temps et de recul pour finalement découvrir que l'on regrettera son passage, chacun pour des raisons diverses.


L’heure est donc au renouveau, symboliquement représenté par une liste jeune, menée par Yohan Penel qui devient le plus jeune président que la FFBaD ait connu. Un symbole encourageant, même si le fait d’avoir une première femme comme présidente à la FFbad eut aussi été un joli symbole. Yohan s’appuie sur un panel (le jeu de mot était facile, je sais, mais il est temps d'apporter aussi un peu de légèreté à ce long édito ;)) de femmes et d’hommes aux parcours divers et variés, souvent très investis dans leurs régions et départements. Et sur une vraie nouveauté que cette démarche d’observatoire du badminton. Cette dernière a eu le mérite d’apporter un éclairage nouveau et un état des lieux nécessaire à la construction du badminton de demain. Et qui a provoqué un vrai débat au sein de la communauté du badminton, jusque chez les badistes loisirs, souvent désintéressés des politiques « d’en haut ». C’est à mon sens une première victoire, pour que le licencié – tous les licenciés – se "réapproprient" leur destin, en s’appuyant sur les compétences des experts, mais sans perdre de vue l’essence de la Fédération que d’être au service de ses clubs et de ses licenciés.


La vision et les solutions proposées par la liste « Tous Badminton » sont-elles les bonnes ? Nous n’en savons rien aujourd’hui. Elles ont le mérite d’être portées par des personnes qui ont montré un sacré investissement dans leur campagne depuis un an et demi – c’est une vertu comme une autre. La dimension sociétale du badminton au cœur de leur projet me parait aussi évidente (avec ma casquette solibadesque ici), et j’ai hâte de voir si et comment cela peut effectivement permettre à notre sport de rentrer dans l’espace de vie d’une autre manière. Pour apporter aux autres, dans la société. C’est là le plus grand challenge avec, bien sûr, la gestion de la pandémie et la chute des prises de licences.


Mon indécrottable optimisme me laisse penser que nous allons vers des jours meilleurs - à condition, encore une fois, que celles et ceux qui sont aujourd’hui battus (un bien grand mot), continuent d’œuvrer dans le sens de la cohésion, du partage, et de la bienveillance constructive – ce mot à la mode mais tellement nécessaire en ce moment.


Raphaël Sachetat

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