En 2011, le badminton en milieu scolaire a franchi de nombreux caps. La Fédération Française de Badminton a notamment signé une convention avec le ministère de l’Éducation Nationale, l’Union Nationale du Sport Scolaire (UNSS) et l’Union Sportive de l’Enseignement du 1er degré (USEP) afin de favoriser la poursuite du développement du badminton scolaire. Et fin 2011, le verdict est tombé : le badminton est le premier sport scolaire pour la deuxième année consécutive. Alors qu’en est-il de la pratique à l’école dans tout l’hexagone ? État des lieux de la pratique, du primaire, jusqu’au lycée.
Par Corinne Zieringer. Photos : Droits réservés et Badmintonphoto (archives)
(Un grand merci à Marie, future professeur d’EPS, pour les renseignements concrets)
La passion du badminton, ça commence d’abord chez les petits. Les élèves des écoles primaires apprennent très tôt à se servir d’une raquette, pour leur plus grand bonheur : le cycle badminton est toujours accueilli avec des cris de joie ! L’intérêt du badminton à l’école est que les élèves progressent très rapidement et surtout prennent énormément de plaisir à jouer. Il est de plus le sport de raquette que l’on peut pratiquer le plus facilement avec des classes de 20 à 30 élèves, au vu des faibles contraintes matérielles et d’occupation de l’espace.
Ainsi, dans les programmes de l’école primaire qui datent de 2008, on trouve en EPS (Éducation Physique et Sportive), dans la rubrique « coopérer ou s’opposer individuellement ou collectivement », les objectifs suivants :
Cycle 2 (6-7 ans) jeux de raquettes : faire quelques échanges.
Cycle 3 (8-10 ans) jeux de raquettes : marquer des points dans un match à deux.
Concrètement, l’enseignant peut donc choisir entre les différents sports de raquettes existants pour sensibiliser les jeunes. Sur le terrain, on peut passer de tout à rien tout simplement parce que certaines écoles sont dotées du gymnase « 5 étoiles » comprenant sept terrains tracés et équipés (poteaux, filets) alors que d’autres doivent se contenter de la cour de récréation comme lieu de pratique. Chaque école doit aussi se doter du petit matériel (raquette, volants) sur son budget EPS ou emprunter des kits complets dans leurs inspections.
Pour la pratique, l’enseignant est seul avec 20 à 30 élèves. Il met le plus souvent en place des ateliers ludiques (jonglage, parcours…) qui ressemblent à ceux du mini-bad’, programme d’entraînement développé par la FFBaD, à l’attention des tous petits. Puis, avec les élèves du cycle 3, il se dirige vers des matches de double arbitrés par les élèves ne jouant pas. Pour se former, les enseignants du primaire disposent de nombreux documents dont ceux présents sur le dernier site de la FFBaD (www.alecoledubadminton.fr). De plus, certains clubs ou codeps proposent des interventions dans les écoles pour amener les enseignants et les enfants à plus de pratique.
Collèges et lycées : des passerelles, mais encore du chemin à parcourir
Chez les plus grands, le badminton possède une popularité qui ne faiblit pas. Au total, près de 170 000 collégiens et lycéens possèdent une licence UNSS (Union Nationale du Sport Scolaire) en badminton ! La fédération est assez active dans ce domaine, puisqu’elle a signé une convention avec l’UNSS il y a maintenant quelques années, qui précise les différentes actions menées ensemble pour le développement du badminton dans le milieu scolaire. Une Commission Nationale Mixte se réunit chaque année pour faire le point sur les actions en cours et travailler sur de nouveaux projets. Un des éléments forts de cette convention a été la mise en place de la passerelle entre les jeunes officiels nationaux UNSS et les Jeunes Arbitres FFBaD.
Grâce à ces ponts entre UNSS et sport fédéral, l’élève peut commencer l’activité badminton à l’école puis investir la pratique de club. Une pratique qui n’est malheureusement pas monnaie courante, même si les instances fédérales tentent par différents moyens de fidéliser les férus de badminton en milieu scolaire, pour les amener vers les clubs. Une tâche qui est loin d’être gagnée. Certains clubs acceptent par exemple les inscriptions des licenciés UNSS à leur tournoi jeune. Un élève désirant se perfectionner à l’école peut s’inscrire en UNSS et participer à des compétions académiques, régionales voir même nationales, ce qui pourra aussi lui donner l’envie de continuer le badminton en s’inscrivant dans un club.
Le badminton, un outil pédagogique indéniable
Le badminton s’est forgé une place confortable au sein du système éducatif. Il fait partie des 26 activités issues de la liste nationale qui sont proposées au collège pour les enseignants. Depuis 2010, le badminton figure parmi les activités que les futurs professeurs d’EPS peuvent présenter au concours du CAPEPS (Certificat d’Aptitude au Professorat d’Éducation Physique et Sportive) alors que le tennis, par exemple, n’en fait plus partie.
Si l’on se penche sur la pratique, concrètement, au collège et au lycée, le badminton est évalué par niveaux à atteindre (cinq en tout). Ainsi les professeurs d’EPS proposent des situations variées pour que leurs élèves arrivent à progresser techniquement et tactiquement, et qu’ils soient capables de gagner un match de simple. Cela passe dans un premier temps par une construction de la rupture de l’échange en long ou court et, à un niveau lycée, par la mise en place d’un projet tactique en fonction de l’adversaire. Les enseignants d’EPS apprécient tout particulièrement le badminton car c’est une activité où les élèves doivent prendre des décisions pour gagner un match. Pour eux, c’est un jeu stratégique mais ludique et surtout facile à mettre en place.
De nombreux élèves de terminale choisissent le badminton comme épreuve sportive au baccalauréat, soit dans le menu (sports pratiqués durant l’année scolaire) avec deux autres activités physiques, soit en option (un seul test sur 20). Le badminton est donc un enjeu important pour les élèves passionnés par ce sport. Reste à construire un pont plus large entre les scolaires et les clubs, pour favoriser la pratique. Mais par manque de place, manque d’encadrants, et manque de structuration, les clubs de badminton français peinent à accueillir les volontaires issus du monde scolaire. Un travail de longue haleine…
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