EDITO – Un moment important : SOLIBAD PDF Imprimer Envoyer
solibad-carreLes lignes qui suivent sont sans doute les plus importantes que j’ai pu écrire sur Badzine. Ce n’est pas un teaser. Ni même de la démago. C’est juste un peu vrai…

Voila 10 ans, tout juste que je trimballe mes basques sur des courts de badminton. Avec ma « plume » à moi. Mes objectifs. Avec mes compagnons de fortune, toujours plus nombreux, pleins d’énergie et d’enthousiasme. Dix ans que je me régale à voir ces athlètes tout donner sur le terrain. Dix ans que je vois ces bénévoles, de par le monde, qui donnent tant de temps, eux aussi, à ce sport si particulier de par cet amateurisme, presque, qui le caractérise. Qui fait que les stars sont des gens d’une humilité déconcertante. Dix ans que je me sens bien dans ce milieu, que mes projets toujours plus fous, toujours moins réalistes, prennent corps et finissent par aboutir, je ne sais pas par quel miracle (enfin, si, parce que ceux qui m’accompagnent sont tout simplement formidables… et un peu fous aussi)

SOLIBAD…

Aujourd’hui, j’ai décidé de lancer un dernier projet autour du badminton. Pour boucler la boucle. Surement le plus ambitieux. Mais aussi le plus important pour moi. Parce que cela fait dix ans, aussi, que j’ai mis de côté mon utopisme humanitaire, mon rêve de petit garçon de vouloir changer le monde, de mettre mon temps et mon énergie à la disposition de ceux qui n’ont pas tous ces luxes que nous avons, nous, ici, et dont nous avons si peu conscience. Changer le monde, c’est impossible. Le grand garçon que je suis s’en est rendu compte – quoique. Mais c’est en changeant des petites choses, que, finalement, nous changeons des mondes. 

Si j’ai abandonné mes études de médecine – avec l’espoir de devenir Médecin Sans frontières – pour me diriger vers une autre voie – le journalisme, c’était aussi pour avoir des moyens – autres – de faire bouger les choses. Depuis, le badminton m’a happé. Je ne regrette pas. J’ai voyagé, beaucoup. J’ai appris, beaucoup. J’ai reçu, beaucoup. Il est temps de renvoyer la balle – ou le volant, selon.

Parce que, aussi, tous ces articles, toutes ces photos prises en dix ans, n’auront finalement pas changé grand-chose. Ce n’est pas un soudain sursaut d’humilité, mais, franchement, écrire des articles sportifs n’a rien de révolutionnaire. C’est partager, certes, donner des petits plaisirs à ceux qui nous lisent tous les jours plus nombreux. Mais, pour la grande gueule ambitieuse en plus du cœur d’artichaut que je suis (ouais, suis du genre à verser ma larme devant Grey’s Anatomy, cette « m…. » dont je ne loupe pas un épisode ! mais plus encore devant des yeux de gamins qui pétillent et qui rient alors qu’ils ont rien à manger…. !). Bref, pour le gros égo qui me suit comme mon ombre, je me dis, en toute humilité quand même, que ca fait un peu court…

raphedito2Un projet fou, fou, fou… quoique !

L’occasion se présente donc aujourd’hui, de lier mes deux centres d’intérêt : le badminton, et l’action caritative. Je vais donc m’y consacrer, plus encore que dans ces projets déjà en cours et que je n’abandonne pas pour autant. Mais celui-là, de loin, est le plus important à mes yeux. Et, déjà, comme souvent, mes amis proches m’ont promis de m’aider. Il me faudra plus que leur aide à eux. Parce que ce projet est sans doute le plus fou, le plus motivant de tous : mobiliser la communauté du badminton à travers le monde afin de collecter des fonds et financer des petits projets concrets, de par le monde, qui peuvent être liés au badminton, mais pas forcément. 

Bon, bon, je vous sens las de lire ces lignes un peu mélo dramatiques (alors là non, car c’est l’antithèse du concept) dans un édito très décousu (ca part dans tous les sens, pas de plan, rien, mes profs de journalisme seraient furax)… alors voilà, j’en viens au fait : je vais  – nous allons – vous solliciter pour collecter des sous. Des bouzoufs, des pépètes, de l’oseille, bref, appelez cela comme vous voulez, mais on va avoir besoin de fonds ! Vous, joueurs de haut niveau, vous, présidents de clubs, organisateurs de tournois, webmasters. Vous, élus fédéraux, que je vais sans doute solliciter pour des coups de main aussi. Vous, joueur « lambda », qui, justement, en avez comme moi un peu marre d’être juste un « lambda » et que vous avez-vous aussi envie de faire avancer le Schmilblick.

Et, c’est important, voire essentiel : sans misérabilisme. Tout le concept repose là dessus : se faire plaisir en collectant des fonds. Pas avoir un discours larmoyant, mais au contraire, jovial. Parce qu’on ne se « sacrifie » pas pour collecter cet argent. On s’amuse en le faisant. Et on ne culpabilise pas si on ne peut pas pour l’instant. Chacun fait comme il peut, mais avec la banane, toujours.

Bon, cet édito, vous en conviendrez, n’a rien de formel. Le site de l’association est en ligne, depusi ce vendredi, minuit - un grand merci a Jeff, qui, une nouvelle fois n'a pas compté ses heures. Vous y apprendrez de manière plus concrète comment nous aider, pratiquement. Avec des mots plus sobres et plus efficaces. Mais nous continuerons, comme d’habitude de faire les choses sérieusement (encore plus sérieusement, même) sans jamais nous prendre au sérieux.

L’argent, pour quoi faire ?

Ah oui. Quand même, que je vous dise. L’argent que nous allons collecter de par le monde (mais ca serait top si la France pouvait donner l’exemple), c’est pour aider des projets un peu partout dans le monde. Pour commencer, un orphelinat à Bali. Parce que c’est le pays de mon pôte Taufik et qu’il avait envie de monter un projet avec moi là bas. Et parce que la petite structure que nous allons aider et financer a fait ses preuves de bonne gestion et de respect des fonds donnés. Ca sera toujours essentiel dans notre décision d’aider des projets locaux. J’y suis allé il y a 15 jours et ai discuté avec la directrice. Nous allons mettre en place un programme qui permettra aux plus grands de l’orphelinat de bénéficier d’un enseignement en informatique pratique pour qu’ils aient de quoi espérer un travail à leur sortie de l’orphelinat, dans quelques mois. Et non pas être livrés à eux même, sans bagage éducatif. SOLIBAD va donc financer l’achat de quelques ordinateurs et d’un enseignement pragmatique.
Dans la foulée – quasiment en même temps, nous allons aider financièrement un autre orphelinat, que je suis allé visiter aussi, dans la banlieue de Kuala Lumpur. Là, les conditions de vie y sont plus difficiles et le directeur – un pasteur qui met la totalité de ses revenus issus du recyclage dans son orphelinat – a du mal à joindre les deux bouts en fin de mois. Alors, nous allons lui donner un coup de main.

Un euro récolté, un euro sur le terrain

Il y aura d’autres projets, avec, pour chacun, un ambassadeur, sans doute à chaque fois un joueur de haut niveau. Notamment au Sichuan, en Chine, où les tremblements de terre de l’an dernier ont laissé des traces indélébiles dans la province de notre marraine, Pi Hongyan. Au Vietnam, et au Brésil, où des gens formidables ont monté des projets autour du badminton, donnant à des enfants de la rue l’opportunité d’apprendre à jouer au badminton en même temps qu’une philosophie de la vie et un moyen de sortir de l’univers de la rue.

Important, aussi, nous allons faire en sorte que chaque euro récolté aille sur le terrain. Les frais administratifs seront absorbés par Badzine tant que nous pouvons. Les voyages pour apporter le matériel ou l’argent seront financés par les bénévoles eux-mêmes lors de voyages sur place.

Merci Hongyan !

Ah oui, aussi, je n’en avais pas parlé, mais notre marraine, c’est Hongyan. Vous connaissez ? Cette pipelette au cœur grand et à la raquette magique. Elle sera à nos côtés, pas seulement comme un prête-nom, mais pour s’investir vraiment. Je compte sur elle, et elle, comme nous tous qui sommes investis dans cette aventure. Et je crois savoir qu’elle compte sur vous aussi.

Voilà, c’en est fini pour les mots. Je sais que ce projet paraitra sans intérêt pour certains. Trop fou pour être réalisable pour d’autres. Ou simplement encore une sollicitation parmi tant d’autres. Que certains au contraire me diront « woah, Raph, c’est super ton idée, bravo ! ». A tous, je répondrais que c’est facile d’avoir des idées. Mais que ce sont les actions qui comptent. Alors, au boulot. Et au plaisir de vous harceler avec mon équipe, d’une manière ou d’une autre ! Le volant est dans notre camp, à tous.

C’est aujourd’hui que commence l’aventure de « Badminton Sans Frontières »…. Et que l’Histoire peut s’écrire autour d’un volant de badminton…

www.solibad.net



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