| DOSSIER – Une mini révolution à l’INSEP ? |
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Longtemps fermé aux aspirations et velléités des joueurs non issus de la filière fédérale, l’INSEP, « home sweet home » de l’élite française, commence à ouvrir ses portes – des critères objectifs sont désormais mis en place pour permettre aux jeunes Français notamment de pouvoir représenter les équipes de France. Et de stimuler la concurrence au sein même du groupe France. Le début d’une nouvelle ère ? Par Raphaël Sachetat. Photos (archives) : Badmintonphoto C’en serait-ce fini des jours où les joueurs de l’équipe de France allaient s’entrainer avec la quasi certitude que, quelques soient leurs résultats, en France ou à l’étranger, leur place serait sans doute gardée bien au chaud, tel un « cocon » impénétrable ? C’est fort possible, et c’est apparemment le désir de la Fédération Française, avec de nouvelles décisions et la mise en place d’un système beaucoup plus concurrentiel, et plus sain, notamment, chez les jeunes. Le principe : plus d’ouverture, plus de compétition« Le but de ce nouveau système est de mettre les jeunes de l’équipe de France en confrontation entre eux, mais aussi avec d’autres, en France, plutôt que de les envoyer systématiquement à l’étranger » explique Fabrice Vallet, directeur des équipes de France. « Nous les poussons à jouer le plus possible sur des tournois et nous allons nous déplacer sur les tournois en France. A la fin du trimestre et en fonction des résultats, on se donne le choix d’inviter un ou plusieurs jeunes de participer avec nous à une compétition à l’international – l’Open d’Irlande au premier trimestre et sans doute l’Estonie début 2010 ». Pratiquement, donc, les meilleurs jeunes ont donc jusqu’au 1er novembre pour faire leurs preuves sur le terrain, et, en cas de victoires systématiques, se verront sans doute offrir un billet pour l’Irlande avec l’équipe de France. « Après une saison comme cela, on fera le point, en gardant cette même ouverture dans l’esprit. Le but est de donner véritablement sa chance à chacun, sur des critères de résultats, en France, et ensuite à l’international. Nous faisons un essai pour les simples, chez les demoiselles aussi, même si la problématique n’est pas tout à fait la même» rappelle Fabrice Vallet. La réaction des joueurs ? « A priori, ils ont mordu. Même ceux qui sont en équipe de France. Ils sont motivés et savent qu’il faudra se battre» reprend le sélectionneur. « L’avantage de cette formule, c’est aussi qu’on verra plus les jeunes sur les compétitions clés, comme les France Seniors aussi. Il s’agit aussi de plus les accompagner pour le passage de junior à senior. A terme, on ne cherche plus à rentrer dans le classement mondial histoire de. Mais plutôt à former les jeunes, pour qu’à terme, ils rentrent dans le top 80 minimum. Qu’ils soient 250ème ou 150ème, cela ne change pas grand chose. Il faut qu’ils acquièrent de l’expérience et des matchs avant de voyager. Nous cherchons aussi désormais à individualiser les calendriers. A chacun son objectif, ses déplacements » rappelle Vallet. Les exemples probants des trois garçons « dans le vent » que sont Brice, Matthieu et Simon, en quête de vraies performances et non de simples participations à des tournois prestigieux montrent un réel changement d’attitude des Bleus, apparemment, suivis d’effets par leur institution mère. Derrière cette volonté, aussi, se cache la nécessité d’étoffer les équipes de France, qui doivent se préparer à des échéances où il faut trois simples et deux doubles solides chez les garçons et chez les filles, pour des compétitions comme les Coupe Thomas et Uber (le championnats d’Europe et du monde par équipe). Le sélectionneur va même jusqu'à mettre ces places de titulaires en jeu : « Brice, Matthieu et Simon sont pour moi aujourd’hui les trois meilleurs Français. Mais encore une fois, - et c’est donc valable pour les plus âgés – si un autre joueur me prouve à la fois en France et sur des compétitions à l’international qu’il peut devenir un bon numéro 3, alors, tout reste ouvert . Il faut casser cette image de bulle que nous avions à l’INSEP». Le mot est fort, l’image aussi, de la part du patron des Bleus. De la volonté fédérale au terrain, il faudra attendre et voir, pour que l’effet d’annonce soit suivi d’effets concrets. Sur le principe, l’ouverture des compétitions Internationales, voire l’opportunité de porter le maillot des « Coqs » pour tout à chacun, paraît essentiel à une compétition saine pour qu’à la fois les joueurs des équipes de France soient motivés pour le rester, mais aussi, aux autres, de pouvoir accéder au rêve « Bleu » avec des critères objectifs et sportifs. Les jeunes pousses ont maintenant entre les mains leur destin. Au premier novembre, des fenêtres s’ouvriront. Un peu d’abord, mais une révolution commence toujours par un symbole…et il faut bien commencer quelque part. C’est, quelques années après la décision catastrophique de séparer les garçons et les filles, sans doute la meilleure orientation que puisse prendre la Fédération Française, à l’aube de son grand rendez-vous que seront les Championnats du monde à Paris. La nouvelle organisation des structuresAprès le pavé jeté dans la mare par l’ancien Ministre des Sports Bernard Laporte et les rumeurs de fermeture des Pôles Espoirs, la saison a redémarré sur des bases en partie nouvelles, mais avec la prorogation des Pôles et de leur rôle clé dans la recherche et la formation des jeunes pousses. Six Pôles espoir sont donc toujours en activité, à Bourges, Voiron, Talence, Dinard, Strasbourg et Châtenay Malabry. En revanche, ce qui est nouveau, c’est l’avènement de « Pôles France Jeunes », dont l’objectif est de servir de « filtre » ou d’antichambre de l’INSEP, où les places parmi l’élite restent limitées. Situées à Strasbourg et Talence et dirigées respectivement par Vincent Laigle et Patrice Delabrouille, ces Pôles cohabitent avec les Pôles espoirs, mais avec des entraînements, des objectifs spécifiques et des effectifs réduits (13 joueurs sur les deux pôles, voir liste des joueurs ci-dessous) Côté INSEP, pas de changement notoire, avec le Chinois Zhou Junling comme patron des simple hommes, assisté par Arif Rasidi, qui sert également de « sparring partner » de Pi Hongyan. John Quinn, assisté par Manuel Dubrulle, gère les projets des doubles et mixte. Sa compatriote Julia Mann s’occupe du projet simple dame féminin. Svetoslav Stoyanov, lui, sera responsable de la préparation physique, notamment sur les doubles et des demoiselles, y compris de celle de la numéro 1 Française. Fabrice Vallet chaperonne tout ce joli petit monde avec un œil particulier sur Pi Hongyan qu’il continuera à entrainer et coacher lors d’une majorité de déplacements. Baptiste Carême, lui, continue dans son rôle de capitanat et de lien entre les joueurs et les entraineurs, pour une boutique, qui, à priori, tourne bien. « C’est un super groupe, jeune, sympa et appliqué. Une belle génération » reprend Fabrice Vallet. Les effectifs de la saison 2009 - 2010: INSEP :Simples : Brice Leverdez, Matthieu Lo Ying Ping, Simon Maunoury, Maxime Michel, Thomas Rouxel (junior), Marin Baumann (junior) Double homme : Baptiste Carême / Sylvain Grosjean ; Ronan Labar / Florian Gauthier ;Sébastien Vincent / Laurent Constantin Simple dame : Pi Hongyan, Elisa Chanteur, Perrine Lebuhanic, Barbara Matias, Marie Maunoury(junior) Double dame : Weny Rahmawati/ Laura Choinet ; Audrey Fontaine / Marion Luttman (junior) Double mixte : Baptiste Carême / Laura Choinet ; Sylvain Grosjean / Weny Rahmawati ; Ronan Labar /Barbara Matias ; Sebastien Vincent / Elisa Chanteur ; Marin Baumann/Audrey Fontaine Pôles France Strasbourg : Joris Grosjean, Cyrielle Grosjean, Lorraine Baumann, Antoine Lodiot, Julien Maio, Léa Palermo, John Léandri, Charlie Sehier Talence : Lucas Claerbout, Lucas Corvée, Lauren Meuhest, Laura Tyberghein
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Le principe : plus d’ouverture, plus de compétition
La réaction des joueurs ? « A priori, ils ont mordu. Même ceux qui sont en équipe de France. Ils sont motivés et savent qu’il faudra se battre» reprend le sélectionneur. « L’avantage de cette formule, c’est aussi qu’on verra plus les jeunes sur les compétitions clés, comme les France Seniors aussi. Il s’agit aussi de plus les accompagner pour le passage de junior à senior. A terme, on ne cherche plus à rentrer dans le classement mondial histoire de. Mais plutôt à former les jeunes, pour qu’à terme, ils rentrent dans le top 80 minimum. Qu’ils soient 250ème ou 150ème, cela ne change pas grand chose. Il faut qu’ils acquièrent de l’expérience et des matchs avant de voyager. Nous cherchons aussi désormais à individualiser les calendriers. A chacun son objectif, ses déplacements » rappelle Vallet. Les exemples probants des trois garçons « dans le vent » que sont Brice, Matthieu et Simon, en quête de vraies performances et non de simples participations à des tournois prestigieux montrent un réel changement d’attitude des Bleus, apparemment, suivis d’effets par leur institution mère.
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