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| MONDIAUX 09 : La consécration aussi pour Wolfgang |
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Après Gilles Cavert, bien connu des badzinautes pour ses récits de voyages sous le pseudonyme « K-green », Wolfgang Lund est le deuxième représentant français à atteindre le plus haut niveau d’arbitrage en rentrant dans le cercle très fermé des arbitres certifiés. Rencontre avec le plus français des Danois.Par Leslie Doumerc, en direct d’Hyderabad. Photos : badmintonphoto
La Badminton World Federation (BWF) compte depuis la fin des Championnats du monde huit nouveaux arbitres certifiés qui s’ajoutent aux 47 déjà existants. Et Wolfgang Lund, ce Français d’adoption qui évolue au club d’Issy-les-Moulineaux, en fait partie. Né à Itzehoe en Allemagne, d’une mère Allemande germanophone et d’un père Danois, c’est en Suède qu’il passe sa jeunesse, son adolescence et une bonne partie de sa vie adulte. Puis, au cours d’un voyage en France, il tombe littéralement amoureux de Paris, une ville qu’il habite depuis une vingtaine d’année.
Résultat de ses origines multiples : en plus de son sourire charmeur et de sa voix claire et posée, Wolfgang maîtrise couramment cinq langues. Des qualités que n’ont pas manqué de remarquer les trois assesseurs de la BWF, chargés de lui décerner son certificat d’arbitrage, un sésame pour pouvoir arbitrer la plus prestigieuse des compétitions de badminton : les Jeux Olympiques.Badzine l’a rencontré dans les gradins du Gachibowli Stadium, lors des Championnats du Monde en Inde. L’espace d’une pause entre deux sessions de matchs, ce quinquagénaire très attachant s’est livré au jeu du question/réponse avec la même simplicité, l’aisance et le charisme dont il fait preuve lorsqu’il est perché sur sa chaise d’arbitre.
Comment as-tu découvert le badminton?
À l’école, en Suède. À l’époque, on jouait avec des raquettes en bois. C’était assez impressionnant, il fallait les transporter très prudemment car le bois pouvait se gonfler ou se tordre! J’ai vite arrêté et ce n’est qu’en arrivant à Paris que j’ai voulu renouer avec ce sport. J’ai fait mes premiers pas au Racing, qui accueille toujours beaucoup d’étrangers, puis j’ai migré à l’IMBC deux ou trois ans plus tard.
Et comment es-tu passé du terrain à la chaise d’arbitre?
J’ai commencé l’arbitrage un peu par hasard ! Je m’étais porté volontaire pour être juge de ligne durant l’Open de France en 1993 et j’ai beaucoup aimé l’expérience, l’atmosphère, et le fait de voir jouer les meilleurs si près de soi.
J’ai donc décidé d’aller plus loin et, en 1996, j’ai commencé par un stage d’initiation à l’arbitrage. Après, tout est allé très vite; un an plus tard, j’avais déjà passé les trois grades départemental, régional et national, et l’année suivante j’ai eu la chance d’arbitrer l’Open de France. Il manquait en fait un arbitre français et comme les organisateurs savaient que je parlais très bien anglais, ils m’ont demandé de le remplacer.
J’ai un passeport danois, j’ai vécu la plus grande partie de ma vie en Suède mais au niveau de l’arbitrage, je suis un pur produit français !
Tes premiers pas à l’international?
J’ai d’abord fait des tournois internationaux en France, essentiellement l’Open de France et le Volant d’Or à Toulouse. Mon premier tournoi à l’étranger, c’était en Sicile. Torsten Berg, le vice-président « Europe » de la fédération internationale, était dans la salle. Il m’a repéré et a passé le mot pour qu’on m’envoie à l’étranger beaucoup plus souvent. Cela a été un énorme tremplin et, à partir de là, tout s’est accéléré jusqu’à ma toute récente consécration.
Tu viens effectivement de recevoir le grade suprême d’arbitre certifié. Selon toi, quelles sont les qualités nécessaires pour arriver à ce niveau-ci ?Déjà, les gros tournois, comme les Championnats du Monde ou les Super Series, sont toujours retransmis à la télévision. Il faut donc avoir une tenue impeccable et surtout bien présenter les joueurs au début du match, avoir une bonne voix et être toujours le plus clair possible. Il faut aussi être discret, ne pas se faire remarquer : toute l’attention doit être portée sur les joueurs.
Je pense que les mauvais arbitres sont ceux qui cherchent de l’attention par le pouvoir. Il faut quelqu’un de calme, sur lequel les joueurs peuvent compter. La qualité première d’un arbitre est de faire baisser la tension sur le terrain, car les joueurs sont déjà très tendus. Il faut avoir une certaine autorité, mais pas être autoritaire.
C’est un peu comme un pilote d’avion : du moment qu’on arrive d’un point à un autre, on se fiche de qui est aux commandes, mais s’il y a des turbulences, c’est le pilote qui doit guider les passagers, pour atterrir le plus calmement possible.
As-tu déjà été en litige avec un joueur ou un entraîneur lors d’un match ?
Non, je n’ai heureusement jamais eu de problème avec cela. Souvent, ce sont grâce à des petites anticipations de rien du tout, qui ne sont même pas remarquées par les spectateurs, qu’on arrive à éviter ce genre de chose. Par exemple, c’est très important au début du match d’établir un contact avec le joueur et les autres officiels (juge de service et juges de ligne). Dès qu’on a ce contact là, c’est beaucoup plus facile de communiquer et d’anticiper au maximum pour éviter les litiges et les interruptions de jeu.
Ressens-tu de la frustration, parfois, de ne pas pouvoir apprécier le match en tant que simple spectateur? C’est un peu frustrant, mais à la fois très motivant. Quand on est juge de service par exemple, on regarde dans le détail comment le joueur tient sa raquette et comment il place ses pieds pour servir. Ce sont des choses qui échappent parfois aux spectateurs. Et même en tant qu’arbitre, on regarde le match avec tellement de concentration que, lorsqu’on reprend la raquette après, on a plein de belles images en tête, et envie de faire la même chose. C’est une belle source d’inspiration.
Mais bien sûr, avec tous les déplacements, je joue moins qu’avant.
En plus de dix ans d’arbitrage, quels sont tes plus beaux souvenirs?Il y en a beaucoup mais ce qui m’a marqué récemment, ce sont les réactions du public de Jakarta à l’Open d’Indonésie. C’est une ambiance très chaleureuse, mais paradoxalement, en tant qu’arbitre, on a la chair de poule ! On dirait que chaque geste du joueur est commenté par les 12 000 spectateurs dans les gradins. Ce sont des réactions tellement pures, très enfantines, c’est très joueur et à la fois très désarmant.
Mais finalement, c’est une atmosphère saine. Sur le terrain, les joueurs sont sous pression, ils se prennent au sérieux mais le public leur fait comprendre que ce n’est qu’un jeu, qu’on est ici pour s’amuser finalement, et cela désamorce beaucoup de tension.
Au niveau international, peut-on vivre de sa passion pour l’arbitrage?
Au tennis c’est possible, au football aussi, mais au badminton l’arbitrage reste du bénévolat. Personnellement, je gagne ma vie en travaillant pour des quotidiens d’actualité pour enfants. Quand je pars arbitrer de gros événements, mes frais d’avion et de logement sont payés, et je reçois une indemnité de 450$ pour la semaine. Mais les choses vont peut-être changer. La BWF voudrait mettre en place une sorte de super ligue, un peu comme au tennis, où il y aurait un vivier de joueurs et d’arbitres professionnels sur le circuit. Pour l’instant, c’est encore au stade de projet, et je serai de toute façon trop âgé pour en profiter, si cela se concrétise un jour. Dommage, arbitrer 100% de mon temps, cela m’aurait bien plu!
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Après Gilles Cavert, bien connu des badzinautes pour ses récits de voyages sous le pseudonyme « K-green », Wolfgang Lund est le deuxième représentant français à atteindre le plus haut niveau d’arbitrage en rentrant dans le cercle très fermé des arbitres certifiés. Rencontre avec le plus français des Danois.
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Tu viens effectivement de recevoir le grade suprême d’arbitre certifié. Selon toi, quelles sont les qualités nécessaires pour arriver à ce niveau-ci ?
En plus de dix ans d’arbitrage, quels sont tes plus beaux souvenirs?




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