Fabrice Bernabé est un vétéran du badminton français. Champion de France en titre dans la catégorie des plus de 35 ans, il a participé aujourd’hui aux championnats de France sénior à Montauban. Au premier tour, il a affronté Brice Leverdez, champion de France en titre, grand leader de l’équipe de France en simple Hommes depuis maintenant quatre ans. Malgré la défaite, Fabrice est revenu, au micro de Badzine, sur son envie toujours intacte de prendre du plaisir sur les courts. Entretien.
 Par Anthony Guidoux, en direct de Montauban. Photos : Badmintonphoto (live)
Badzine : Fabrice Bernabé, tu as joué ton premier tour contre Brice Leverdez aux France 2012. Comment analyses-tu ton match ?
Fabrice Bernabé : J’ai peu d’entraînement dans les jambes donc c’était difficile, mais au niveau mental j’étais prêt. Même si je n’ai pas beaucoup joué à cause de mes problèmes de genou, je me suis bien amusé sur le terrain. Brice a bien géré son match aujourd’hui, on sent qu’il a de l’expérience à l’international. Avec un peu plus de volume de jeu en amont, j’aurais sans doute pu prendre le premier set.
BZ : Tu es un vétéran du badminton français. Raconte nous un peu ton parcours sportif.
F.B : J’ai commencé le badminton en 1991. Ce sport m’a tout apporté, je lui dois beaucoup dans la vie en général. Parfois, cela m’a permis de mettre de côté les moments difficiles, et me concentrer sur le bad. Maintenant je joue un peu moins, je me suis fait opérer du genou, et je suis papa d’un petit garçon de treize mois, ça prend du temps.
BZ : Mais tu es quand même resté à un excellent niveau toute ta carrière…
F.B : Oui. Je participais aujourd’hui à mon seizième championnat de France sénior. Je suis un habitué (rires). J’arrive ici sans stress, décontracté. En plus de ça, j’étais le plus vieux du tournoi en simple (Fabrice est champion de France vétéran en titre). Ce qui me fait tenir encore aujourd’hui à ce niveau ? Ma très bonne hygiène de vie je pense. Et mon mental ! Il faut se battre sur tous les points, il ne faut pas douter. Après tout, ce n’est que du badminton, il faut s’amuser aussi.
BZ : Tu es également entraîneur au CREPS de Chatenay-Malabry. Comment analyses-tu la progression du badminton français ?
F.B : Le niveau chez les jeunes monte de plus en plus. Je pense à Anne Tran en particulier. Elle est très sérieuse. Il y a des jeunes qui sont très fort, très doués, mais qui ne le savent pas. Je pense par exemple à Bastian Kersaudy, que j’ai trouvé un peu tendre sur le terrain face à Brice. Il aurait pu l’inquiéter plus que ça. Actuellement on n’est pas loin des danois je pense. Il y a encore des jeunes qui vont arriver (Lole Courtois, Delphine Delrue). Je pense qu’ils seront encore plus doués que ceux qui sont là aujourd’hui.
BZ : Quelle est ta philosophie en tant qu’entraîneur ?
F.B : Je vais prendre un exemple concret. J’entraîne aussi dans un club (ABAC Châtillon 92), parce que je suis persuadé que c’est important d’avoir à la fois la vision du haut niveau, et aussi celle du club, des loisirs, qu’il est important de prendre en compte. Grâce à mon expérience personnelle, je peux dire qu’il faut donner beaucoup aux joueurs à l’entraînement, pas seulement des conseils en badminton, mais des conseils sur tous les plans, et à tous les niveaux de pratique.
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